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Les extraterrestres vont-ils nous envahir ?

Thème récurrent dans la science-fiction, faut-il s'inquiéter des extraterrestres ? Qui serait-ils, que pourraient-ils bien vouloir et quels enseignements pouvons-nous en tirer sur l'humanité elle-même ?

Bonjour à tous ici Nicolas et aujourd'hui nous parlons de quelque chose d'un peu étonnant peut-être : les extraterrestres. Et plus précisément on va se demander s'il vont venir nous visiter pour nous en foutre plein la tronche. A priori une question pas très philosophique mais en réalité si un peu quand-même. Déjà parce que la science fiction n'est en général qu'une excuse pour étudier l'humanité présente et future sous un angle un peu plus intéressant, mais aussi parce que les risques existentiels, toutes ces choses qui peuvent mettre fin à une espèce, sont à prendre au sérieux au moins le temps de savoir s'il faut les y prendre, au sérieux. La science fiction peut parfois devenir science fait, et mieux vaut avoir anticipé les choses.

Avant de trop s'inquiéter des petits hommes verts, encore faudrait-il qu'il y en ait. L'univers est grand et il a déjà duré longtemps. Pas à l'infini, j'en parle dans l'épisode précédent, mais beaucoup quand-même. Alors assez pour qu'il y ait d'autres civilisations intelligentes ? Bonne question. Une question que beaucoup se sont posé, dont l’astrophysicien Frank Drake, qui a proposé l'équation du même nom pour estimer le nombre de civilisations communicantes dans la voie lactée. L'équation a tout un tas de variables qu'on peut ajuster comme on veut. Son équation en elle-même est neutre, c'est aux autres de fournir les valeurs qui donnent la réponse. Je vous passe les détails mais suivant nos hypothèses, les résultats varient de 1, il n'y a que nous, à plusieurs millions, ça fait du monde.

Pas très utile en apparence donc mais la bonne nouvelle c'est que nos connaissances augmentent régulièrement et une bonne partie des valeurs sont estimables avec de plus en plus de précision. Et pour le moment, tout semble indiquer que la vie est très certainement là ailleurs aussi. La question évidemment est de savoir si cette vie devient de temps en temps intelligente, et si elle survit assez longtemps et trouve la motivation pour communiquer ou même aller dans l'espace. Il y a peut-être beaucoup d'algues extraterrestres mais ça nous fait une belle jambe. Et là nous n'en savons pas franchement plus aujourd'hui qu'hier. Nous n'avons pas véritablement d'outils pour estimer ce genre de probabilités et il nous faut faire des suppositions basées sur pas grand chose. Ceci dit, même en étant vraiment pessimiste et en prenant des valeurs très conservatrices, on se retrouve toujours dans la voie lactée avec au moins quelques centaines de civilisations intelligentes qui pourraient communiquer et aller dans l'espace, là maintenant.

Et donc “mais où sont-ils tous” ? Question fameusement posée par Enrico Fermi et ceux qui trouvent un peu ennuyeux d'avoir pas mal d'astronautes gris en théorie mais aucun en pratique. Les réponses à cet apparent paradoxe entre l'abondance calculée des civilisations, et leur invisibilité à nos instruments, sont nombreuses. On peut remettre en question les valeurs de l'équation et être encore plus pessimistes pour se retrouver de nouveau seuls. On peut imaginer tout un tas de raisons mais pour cet épisode nous allons parler du concept du grand filtre.

Les filtres, dans ce contexte, ce sont toutes les choses qui créent des étapes qui sont difficiles à passer pour toute forme de vie. Par exemple il se pourrait que la vie n'apparaisse presque jamais spontanément. Nous savons aujourd'hui que l'abiogenèse semble être relativement facile en théorie et ce filtre semble improbable. Mais peut-être qu'il est très rare que l'évolution produise des formes de vie complexes comme les animaux. Peut-être que les cataclysmes périodiques qui remettent les pendules à zéro sont en moyenne trop fréquents. Peut-être que la vie conduit très rarement à une forme d'intelligence développée comme la nôtre. Cette stratégie ne fonctionne peut-être pas très bien dans la plupart des environnements, la plupart du temps. Peut-être aussi que ces civilisations intelligentes disparaissent avant d'avoir eu le temps de développer de la haute technologie et de communiquer à travers l'espace. L'idée du grand filtre c'est que lun de ces filtres soit particulièrement difficile à passer.

Le problème c'est que s'il existe, il est peut-être bien devant nous et non derrière. Vous remarquerez que j'ai parlé uniquement de ceux que nous avons déjà passé..mais il en reste d'autres, et pas des moindres. Par exemple les civilisations avancées s'autodétruisent peut-être presque toujours avant de vraiment quitter leur caillou. Un sujet très intéressant dont je parlerais dans un autre épisode.

Alors normalement c'est là où vous êtes censés vous impatienter.. “mais quand est-ce qu'il va enfin nous parler des aliens”. Et bah c'est maintenant avec un autre grand filtre potentiel qui touche directement à notre épisode : les civilisations super-prédatrices. Super parce-que ça fait mieux, et prédatrices parce qu'elles cherchent et détruisent les autres civilisations. La bonne nouvelle c'est que si cette civilisation existe elle ne nous à pas encore remarqué. La mauvaise c'est que nous avons déjà fait pas mal pour lui faciliter la tâche. Nous envoyons des transmissions radios, et tout un tas de signaux divers.. directs, indirects, volontairement et involontairement.. qui augmentent les chances qu'on se fasse un jour gauler. Il est possible que l'univers soit si calme et en apparence mort, parce-que tous ceux qui émettaient efficacement on déjà étés repérés et éliminé justement.. et que les autres aient trop peur pour essayer. De ce point de vue là on aurait peut-être mieux fait d'essayer de se cacher. Écouter oui, parler non. Le paradoxe de SETI, le programme de recherche de signaux extraterrestres, où tout le monde écoute mais personne n'émet. On peut attendre longtemps. Et dans notre contexte aucune civilisation n'émet par peur qu'il y en ait une super-prédatrice dans le coin.

Alors imaginons qu'une telle espèce existe bien dans la voie lactée, serait-elle si dangereuse pour nous ? Eh bien dans cette hypothèse il est difficile de voir comment ça ne serait pas le cas. Nous parlons d'une espèce qui est déjà venue à bout de toutes les autres qui étaient sur le point de prendre leur envol à travers la galaxie. Une espèce qui selon toute vraisemblance à des centaines, des milliers, peut-être même des millions ou des milliards d'années d'avance. Et quand on voit les progrès réalisés ces cents dernières années, ça fait peur. De plus notre hypothèse imagine une espèce capable de voyager d'un bout à l'autre de la galaxie au moins.

Mais la question reste de savoir à quelle vitesse ? Déjà il est probable que nous soyons détectés quelques milliers d'années après l'émission des premiers signaux, il faut le temps qu'ils traversent la galaxie. Ensuite, il faut à nos ennemies le temps de nous rendre visite. Si les déplacements en apparence supralumineux sont possibles, moteurs warp ou trous de verres par exemple, il seront sûrement ici en beaucoup moins de temps. Sinon il leur faudra de nouveau quelques milliers d'années de plus pour arriver après nous avoir repéré. Et donc au final nous avons quelques milliers d'années de répit au moins pour peaufiner notre développement technologique. Peut-être serons-nous alors à niveau. Peut-être nos ennemies ont-ils atteint un plateau technologique au delà duquel on ne progresse plus. Le nombre de découvertes et inventions est limité en théorie et il n'est pas idiot d'imaginer avoir découvert tout ce qui peut l'être en quelques milliers d'années de développement exponentiel de plus. Pourquoi pas mais si le reste de la galaxie est silencieux c'est que personne visiblement n'a le temps de les rattraper.

D'ailleurs avons-nous vraiment des milliers d'années ? Pas si sûr. Il semble plus crédible pour une race si avancée et si perfide de développer des sondes de von Neumann.. ces machines autonomes qui, se déplaçant à des vitesses raisonnables, vont de système stellaire en système stellaire pour observer et créer quelques copies pour aller faire la même chose plus loin. Il a été calculé qu'en un demi million d'années à 10% seulement de la vitesse de la lumière, un tel système pourrait avoir mis sous surveillance toute la voie lactée. Et là si nous émettons hiers, la sonde engage le plan de riposte demain. Un peu comme dans 2001 l'Odyssée de l'espace. C'est finalement ça le concept.. mais version gentille. Dans notre scénario, la sonde qui nous détecte ne nous donne pas un coup de pouce mais s'empresse de nous transformer en tas de cendres. Et ça, c'est ce que nous avons pu concevoir avec nos petits cerveaux de singes.. imaginez ce que nos amis les maîtres de l'univers on prévu.. enfin non d'ailleurs n'imaginez pas ça sert justement à rien.

Et le problème est là, selon toute vraisemblance il n'y aura pas d'Independance Day ou de guerre des mondes qui finisse bien pour les humains. Nous ne pourrons pas plus résister aux hordes de sauterelles spatiales qu'aux tripèdes de Mars. Leurs vaisseaux ne tournent pas sous windows et ils ne sont pas assez cons pour chercher une bouffée d'air frais à peine atterri.

Vous imaginez un peu le tableau quand-même. Je n'ai rien contre H. G. Wells mais le message religieux pourrait être servi un peu moins bêtement qu'en mettant en scène des martiens surpuissants, ayant concocté une invasion parfaite, mais en ayant oublié leurs scaphandres. Les mecs arrivent avec vaisseaux spatiaux et rayons de la mort désintégrant, mais cons comme des balais. Quelques jours chez nous et voilà ils attrapent tous la crève.. du Christophe Colomb inversé puissance 10 milles. Pour une fois que c'est les conquistadors qui trinquent on va pas se plaindre.. mais je reste sceptique. En tout cas lors de notre invasion intersidérale à nous, quand le capitaine vous dit que l'air est respirable, un petit conseil : gardez votre casque, c'est la promotion sous peu assurée.

Nan, les films de science-fiction doivent bien aménager l'histoire pour nous faire gagner, mais si nous avions des visiteurs pas très gentils, étant donné la différence de technologie nous serions sûrement morts avant même de les avoir vu venir. Ils envoient probablement des sondes microscopiques aux quatre coins de la planète, en apprenant plus sur la terre en quelques jours que nous depuis toujours, puis nous neutralisent ou nous éliminent à distance, probablement d'une manière que j'essaierai même pas de décrire ici tellement elle leur paraîtrait primitive et inefficace. Alors nos avions de chasse et même nos bombes nucléaires, mais lol.

Alors parlementer peut-être ? Bah non parce-que d'un le rapport de force est trop déséquilibré, nous ne parlementons pas avec les fourmis nous, mais aussi parce qu'ils en auront fini avec nous avant même qu'on comprenne que quelque-chose est en train de se passer. Dommage car il serait intéressant de savoir ce qu'ils pourraient bien vouloir. Et d'ailleurs essayons d'y réfléchir car sans motivation pour nous envahir nous avons peut-être une chance de ne pas l'être.

Déjà on peut mettre de côté l'idée qu'ils viennent pour nous asservir. Les dieux n'ont pas plus besoin d'asservir les hommes que les hommes les fourmis. Pauvres fourmis qu'est ce qu'elles trinquent dans cet épisode. Et d'ailleurs en fait non cette analogie est en partie incorrecte puisque nous les hommes avons encore besoin d'asservir certains animaux, bactéries etc. Une palanquée d'organismes impuissants à nous résister travaillent d'arrache papate pour nous. L'erreur ici est de comparer la différence entre les hommes et les animaux à celle entre les dieux et les hommes. En fait cette dernière est nettement plus large. Inconcevablement plus large. Mais bon pour essayer de la concevoir on peut imaginer par exemple les réplicateurs de Star Trek. Plutôt que d'aller tuer un cochon on demande au réplicateur un bon saucisson et voilà il se matérialise comme par magie devant nous.. avec une efficacité énergétique presque parfaite, créé de toute pièces à partir seulement de particules élémentaires. “Toute technologie suffisamment avancée est indistinguable de la magie” disait Arthur C. Clark. Et encore une fois c'est ce que nos cerveaux de singes savent possible en théorie. Imaginez ce que les dieux eux font en pratique. Non d'ailleurs ça aussi n'imaginez pas ça sert toujours à rien.

Souvent on pense au besoin de ressources comme motivation principale. Une race à l'agonie vient chez nous pour pomper notre eau, miner nos montages, ou même congeler nos citoyens pour en faire du pâté plus tard. Imaginons un instant qu'ils n'aient pas de réplicateurs, sinon ils pourraient transformer presque rien en presque tout.. bizarrement personne ne trouve étonnant qu'ils fassent tout ce chemin pour venir prendre ça chez nous. L'espace est truffé de H2O, de minéraux rares et de tout ce dont on a besoin pour faire des protéines, lipides, glucides et tout le pataquès.. et ce en quantités qui défient l'imagination. Alors oui y aller c'est compliqué, mais eux ils y sont déjà. Plutôt que de venir ici, autant s'arrêter faire le plein n'importe où ailleurs, beaucoup plus près de chez eux. Déjà il n'y aura pas une bande de singes excités à se coltiner et en plus notre monde est relativement pauvre par comparaison.

Mais de toute façon le besoin de ressources semble un peu léger comme explication. Les futurologues prennent souvent pour acquis que les civilisations plus avancées consomment plus d'énergie que les civilisations moins avancées. L'échelle de Kardashev avec les types de civilisation classées en fonction de leur consommation d'énergie. Locale, plus planétaire, puis stellaire et enfin galactique. Pourquoi pas mais c'est une hypothèse qui me paraît prise trop au sérieux. Rien qu'en prenant l'exemple de l'humanité nous nous apercevons que les besoins énergétiques n'iront pas forcément croissants.

D'un la population semble se stabiliser, et nous observons un double phénomène d'efficacité énergétique croissante et d'une certaine finitude des besoins. Concrètement ça veut dire que passé un certain point, nous n'avons plus vraiment envie de consommer plus, même si nous le pourrions en effet. Attention nous ne sommes pas tous arrivé à ce point. Je pense d'ailleurs que personne n'y est vraiment arrivé, mais ça nous en parlerons plus tard. Néanmoins la limite des besoins est là théoriquement. Il y à un moment où on a plus assez de temps ou d'énergie intellectuelle pour vouloir ou pouvoir consommer plus. Ajoutons à ce plateau de consommation le fait que nos dépenses énergétiques par satisfaction de besoin diminuent grâce une plus grande efficacité.

OK je vous sens non convaincus alors laissez moi vous donner un aperçu des épisodes à venir. Nous pourrions imaginer par exemple un monde où les gens vivent dans des simulations en tous points réalistes (du point de vue sensoriel). La dépense énergétique de simuler toute une planète de manière convaincante est minime par rapport au déplacement physique ou aux travaux requis pour créer et entretenir cette planète dans le monde réel. Il y à énormément plus à dire sur le sujet, nous vivons peut-être déjà dans une simulation, quel sens aurait la vie, la simulation vaut-elle la réalité, etc, etc.. néanmoins je pense que la “colonisation de l'espace intérieur”, de notre imagination, est plus probable que la conquête spatiale pour les humains. Mais tout ça j'en parlerais plus à l'avenir. Pour cet épisode ce qui me paraît intéressant c'est que l'idée d'un besoin toujours plus grand de ressources peut paraître suspect.. ou pas.

Et oui, même en consommant finalement assez peu, on consomme toujours plus que zéro. Et donc nous finissons quand-même par arriver au bout de nos ressources tôt ou tard. Peut-être quelques milliers ou quelques millions d'années après, mais un jour ou l'autre toute espèce, même frugale, doit quitter son système stellaire dont elle a complètement siphonné l'énergie et la matière pour aller ailleurs.. faire la même. Et là nous avons donc un problème. L'univers accessible est limité en terme de ressources globales. Et nous entrerons donc peut-être un jour en concurrence avec d'autres espèces. Toutes les espèces sont en réalité des machines à accroître l'entropie, le désordre de l'univers. L'humanité incluse. Si la physique moderne ne raconte pas n'importe quoi, toutes nos actions diminuent implacablement la quantité d'énergie utilisable dans l'univers. Et pour une espèce dont l'objectif est de survivre, même sans nous vouloir de mal, il sera peut-être tentant d'éliminer la concurrence en prévision de leurs besoins futurs. Pour le cas où nous aussi nous ayons besoin un jour de ce qu'ils convoitent.

Très honnêtement je ne suis pas certain de ce que ça implique et je pense être probablement trop pessimiste ici. La raison pour laquelle je suis quelque peu rassuré c'est que j'estime probable que nous colonisons notre imagination et non l'espace, avec une population relativement faible et ultra économe en énergie. Encore une fois, je parlerais de cette option plus en détail mais dans ce cas là nous n'aurions finalement besoin que de très très peu d'énergie. Peut-être pourrions nous nous contenter de la masse du système solaire pour tenir jusqu'à la fin de l'univers. Je n'ai pas fait les calculs, je ne pense pas qu'on puisse les faire à l'heure actuelle il y a trop d'inconnus pour ça, mais j'ai bon espoir.

Malheureusement je n'en suis pas certain. Il suffit d'une espèce qui fasse d'autres choix et devienne mégalo dans le “monde réel”. Toutes les espèces intelligentes ont-elles le même parcours ? Pas certain pour le moment et si l'une d'entre-elles décide d'aller coloniser l'espace, décide que convertir l'ensemble de l'univers en ceci ou cela est un objectif intéressant, nous sommes potentiellement en conflit. L'idée que toutes les espèces intelligentes tendent vers l'altruisme me semble aussi spéculative pour le moment et de plus, on peut être altruiste mais éliminer les autres malgré soi, pour atteindre un objectif encore plus important. D'ailleurs il se pourrait que cette espèce dissidente soit la nôtre. Rien ne garantit que nous nous contentions de vivre dans nos simulations. Il est possible que l'humanité, ou une partie de l'humanité, décide de vaincre le vieillissement, garder la reproduction et d'aller coloniser l'espace. Tout cela nécessiterait toujours plus de ressources et nous amènerait en conflit à terme. Nous pourrions donc être perçus comme une menace.

Ou bien l'humanité pourrait évoluer de manière complètement imprévisible. Ce qui s'applique aussi aux extraterrestres qui, comme nous, on étés soumis à certaines pressions évolutives externes pendant des lustres, pour un jour prendre en main leur destinée. Par la maîtrise de la génétique, de la science neuronale.. pour finalement évoluer en quelque-chose de méconnaissable. D'incomparable et même malheureusement d'incompréhensible. Tout comme une fourmi ne peut s'imaginer ce que veulent les humains, nous ne pourrions imaginer ce que veulent les extraterrestres.. ou même nos descendants à nous si nous passons ce stade. Si le grand filtre est derrière nous. Et là, comme je ne suis qu'une fourmi qui s'adresse à des fourmis j'ai bien peur de ne pas pouvoir décrire ce cas de figure intelligemment.

De tels extraterrestres voudrait-ils refaçonner l'univers ? Peut-être, peut-être pas.. et comment ? L'on-t-il déjà fait et sommes nous incapables de le comprendre ? Sont-ils sur le point de le faire ? A quoi ressemblera-il ? On-t-ils besoin de beaucoup d'énergie ? De très peu ? Veulent-ils vivre le plus longtemps possible ou trouvent-ils l'idée puérile ? Sont-ils altruistes, égoïstes, autre-chose-istes ? Impossible à dire et ces questions n'ont peut-être même pas vraiment de sens dans ce contexte. Ça reste des questions de fourmi.

En revanche, quoi qu'ils soient quoi qu'ils veulent, pour le moment on est pas particulièrement embêtés par les gros cerveaux de l'espace c'est le moins qu'on puisse dire. Et donc soit leur existence n'est finalement pas un problème pour nous et l'invasion n'est probablement pas imminente.. soit nous sommes les premiers.

Et oui, souvent l'idée que l'humanité puisse être la première, au centre de l'évolution de l'intelligence dans la galaxie.. paraît anthropocentrique, paraît orgueilleuse. Mais d'un ce n'est pas un argument, et de deux il en faut bien un de premier. Et pourquoi pas nous. “Improbable” est souvent la réponse donnée. Mais avant de pouvoir en juger il faudrait de quoi quantifier cette probabilité. Et pour le moment nous sommes bien incapables de calculer les chances de l'émergence de la vie intelligente dans le temps. Et il est possible qu'en moyenne il faille bien près de 14 milliards d'années pour l'émergence d'une civilisation interstellaire. Nous n'en savons rien, mais nous ne savons pas plus qu'être les premiers soit improbable. Nous serons finalement peut-être les premiers à avoir la capacité technologique d'explorer notre bout d'univers.. mais en aurons-nous l'envie ? Pas certain.

Avant de vous quitter j'aimerais mentionner un dernier scénario amusant, enfin si on veut. En effet il se pourrait que notre folle aventure se termine non pas à cause d'une espèce extraterrestre plus intelligente mais bien à cause d'une espèce extraterrestre complètement stupide. On pourrait imaginer qu'ils arrivent non pas pour une raison précise mais par hasard. Non pas aux commandes de leurs fiers astronefs mais incrustés dans des rochers à la dérive. Des bactéries, microorganismes, spores ou autres saloperies qui par chance, enfin ça dépend de quel point de vue on prend, seraient parfaitement capables d'éradiquer la vie humaine, et plus si affinités, sur terre.

Pour survivre au décollage violent de leur écosystème, puis au voyage dans l'espace, irradiés, brûlés, congelés, affamés et sous-pressurisé, puis à l'entrée tout aussi violente dans notre écosystème à nous.. il faut être un organisme sacrément coriace. Mais sur terre nous avons tout un tas d’extremophiles capables de survivre un moment dans des conditions similaires. On à déjà testé certains d'entre-eux dans l'espace et c'est d'ailleurs un problème car ceux que nous emmenons avec nous par négligence dans nos sondes spatiales peuvent survivre jusqu'à l'atterrissage sur une autre planète ou lune, contaminant la surface. Les protocoles de stérilisation sont strictes pour cette raison. On aimerait bien trouver sur les autres planètes une vie indigène et non pas quelques passagers clandestins terrestres. Ceci dit en passant, le fait que l'origine de la vie terrestre puisse en réalité avoir pour berceau un autre endroit dans le système solaire ou même plus loin est prise très au sérieux. C'est ce qu'on appelle la panspermie. Mais bon cette théorie examine la dissémination de la vie dans l'espace et nous ici nous parlons de la dissémination de la mort dans l'espace.

Bien sûr ce scénario n'est pas nécessairement si noir qu'il y paraît puisque les organismes qui nous visiteront peut-être un jour pourraient être inoffensifs ou même incapables de survivre chez nous.. ou de nous poser problème si nous allions chez eux. Quand je vous ai promis la promotion assurée si le capitaine enlevait son casque et pas vous, j'ai un peu simplifié les choses. En réalité rien ne garantit que les micro-organismes qui ont évolués sur une planète sans humains, sans mammifères, peut-être sans ADN tel que nous le connaissons, soient efficaces contre nos cellules. Et donc, une bouffée d'air frais.. pourquoi pas. Néanmoins méfiez vous.. on ne sait jamais, et puis si l'air est respirable les chances que la vie soit suffisamment similaire et prête à bouffer de l'homo sapiens ne sont pas négligeables alors gardez le casque et priez discrètement pour la promotion.

Nous avons vu qu'il est difficile d'estimer la probabilité d'avoir d'autres civilisations intelligentes dans la galaxie mais que selon toute vraisemblance il devrait y en avoir quelques-unes, ce qui pose la question d'un grand filtre qui pourrait être une explication parmi d'autres de leur absence. Ce grand filtre pourrait prendre la forme d'une espèce super-prédatrice contre laquelle nous ne pourrions rien, mais le fait que nous soyons toujours là à en débattre semble indiquer que non.. ou que nous soyons les premiers. Quel est l'évolution probable des espèces intelligentes ? Difficile à dire mais nous verrons quelques possibilités fascinantes pour l'espèce humaine dans un futur épisode. En tout cas pas besoin de s'inquiéter des extraterrestres, s'ils existent ils n'ont probablement pas besoin de venir nous envahir, et si c’était le cas, nous n'y pourrions de toute façon rien.

Merci d'avoir écouté cet épisode, faites-moi savoir dans les commentaires ce que vous en pensez ou les sujets que vous aimeriez voir abordés, et n'hésitez à partager le podcast. Merci et à bientôt.

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