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Immortalité : la fin de la retraite ?

Serait-il encore possible ou même justifiée de prendre sa retraite dans un monde rempli de gens biologiquement jeunes et capables ? Analysons les conséquences sociétales de cette révolution annoncée.

Bonjour à tous ici Nicolas. La fin du vieillissement on en a déjà parlé dans le podcast et je vous conseille les épisodes 2, 4, 6, 9 et 12 si vous ne les avez pas déjà écoutés. Aujourd'hui nous allons parler d'une question très pratique : si nous ne vieillissons plus, si la science nous garde jeunes et beaux sans limite de durée.. quelles sont les implications pour le travail généralement et pour le concept de retraite plus spécifiquement.

Alors déjà je vais prendre quelques secondes pour expliquer le choix du mot immortalité dans le titre. Tout le monde n'est pas nécessairement d'accord pour dire que ce mot est approprié ici et pour expliquer ce choix je vais le contraster avec un mot moins connu : amortalité. L'immortalité c'est plus connu. C'est dans le langage courant généralement le fait de ne pas pouvoir mourir. L'impossibilité de mourir. On pense à Dieu bien sûr mais aussi à Duncan McLeod de highlander. Sauf que si Dieu est bien immortel lui (enfin en théorie - nous avons vu dans l'épisode précédent qu'il y à de gros doutes à avoir sur le sujet), Duncan lui n'est immortel que tant qu'on ne lui coupe pas la tête. Donc il est bien capable de nourrir, c'est juste moins facile pour lui que pour le commun des mortels.

Dans le cas de notre écossais des Highlands il ne s'agit pas d'une immortalité au sens “ne peut pas mourir du tout” mais bien au sens “ne meurt pas automatiquement ou facilement”. Pas de vieillissement, pas de maladies, les accidents majeurs sont bénins etc. C'est l'autre sens usuel de l'immortalité, le fait de ne pouvoir mourir que dans des circonstances vraiment exceptionnelles. On parle par exemple de cellules cancéreuses immortelles. Elles peuvent mourir bien sûr et d'ailleurs meurent régulièrement mais pas de manière préprogrammée. Sans attaque extérieure et sans gros changement environmental elles continuent à vivre et à se reproduire sans limite de durée. Ce n'est pas tout à fait vrai mais c'est le sens que nous donnons au mot immortalité dans leur cas.

Donc utiliser le mot immortalité pour des humains que ne vieillissent plus, et auxquels la médecine permet de résister à la plupart des maladies et accidents “normaux”, ça ne semble pas idiot. Je ne suis donc pas l'un de ces puristes de l'anti-vieillissement qui va corriger ceux qui l'utilisent en leur disant “non non techniquement c'est Amortalité qu'il faut dire”. Amortalité c'est l'idée de l'absence de mort. Au lieu d'être impossible elle est absente. C'est plus exact c'est vrai mais je pense que l'important ici c'est de communiquer et personne n'est dupe du mot immortalité appliqué dans le contexte de la fin du vieillissement. Oui il sera toujours possible de mourir, dans l'explosion du soleil, la fin entropique de l'univers ou plus simplement victime d'un meurtre ou d'un accident ou d'une maladie soudaine au fin fond de la jungle pendant un trek au thème paléo. Mais bon en disant immortalité tout le monde se comprend ici, c'est bien du fait de ne plus vieillir ou tomber fatalement malade qu'il s'agit.

Voilà, grosse parenthèse pour dire que le mot immortalité, laissons les gens l'utiliser sans honte même si amortalité techniquement c'est mieux.

Alors entrons donc dans le vif du sujet. La fin du vieillissement conduit-elle à un monde où tout le monde travaille ad vitam eternam ? Petite précision, aujourd'hui nous ne parlerons que du travail du point de vue sociétal, pas du point de vue personnel, ça c'est le prochain épisode. On ne va s'intéresser qu'à l’impact de ce changement biologique majeur sur le besoin que la société a ou n'a pas, de garder les gens actifs malgré eux. Le travail, le vrai.

La société est un ensemble vaste et complexe d'intérêts particuliers qui parfois s'entrechoquent et parfois vont dans le même sens. La spécialisation de chacun dans la société moderne permet une productivité accrue qui conduit à un niveau de vie plus élevé et potentiellement moins de besoin de travailler. Si si c'est vrai, même si on à l'impression de bosser plus qu'avant pour vivre moins bien, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, ce n'est qu'une impression et non une réalité.

Les hommes de l'âge de pierre travaillaient-ils plus ou moins que nous ? Ça paraît peut-être évident à certain d'entre nous mais en fait c'est pas si clair que ça. Le travail c'est tout ce qu'on fait alors qu'on aimerait faire autre chose. Et par cette définition Mr. Cro Magnon passait quand-même pas-mal de son temps à bosser. Plus que nous ? .. peut-être. Il fallait chasser, cueillir, élever la ribambelle d'enfants, faire ses vêtements, faire le feu, fabriquer et re-fabriquer ses outils, se défendre contre les prédateurs etc. etc. Plus l'homme était primitif plus il devait faire tout ça lui-même, et c'est la civilisation qui a permit de vraiment spécialiser les uns et les autres au fil du temps.. même si de manière naturelle la spécialisation existait déjà un peu entre les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux. Il suffit de regarder les Chimpanzés ou les Bonobos puis de les comparer aux tribus primitives contemporaines, pour se rendre compte que même si les deux sont naturellement prédisposés à séparer certaines tâches selon le sexe, chez les singes aussi hein les enfants c'est surtout la maman et la violence c'est surtout les papas, seuls les humains font vraiment de spécialisation concerté par individu et à une échelle sociétale. Et moins la tribu est primitive moins on doit faire tout ce qui est utile à notre survie soit-même.

Oui mais, passer sa journée à ne faire que des habits de fourrure ou à ne faire que pêcher, on travail quand-même toute la journée non ? Oui, du point de vue travail c'est vrai. Ça bosse sec que ce soit chez l'homme spécialisé ou chez l'homme à tout faire. Mais la quantité et la qualité de ce qui est produit n'est pas la même. Et donc l'homme spécialisé mets peut-être une journée à faire une fourrure qui tient bien chaud la nuit alors que l'homme à tout faire lui va devoir y passer deux journées et aura peut-être froid aux pieds. Au final, on vit mieux, et à consommation égale on travail moins. La raison pour laquelle nous travaillons autant, si tel est le cas, c'est qu'on consomme hallucinament plus. Que cette consommation soit bien ou pas, utile ou pas, nous rende plus heureux ou pas, n'est pas le sujet de cet épisode. C'est un constat mais sans plus.

Travaillons-nous donc plus ou moins que les hommes préhistoriques ? Pas facile à dire. Les estimations varient énormément tant pour les hommes de Cro Magnon que pour les tribus primitives contemporaines ou même pour les sociétés modernes. Les Siciliens ne travaillent pas autant que les Japonais. Difficile d'en être certain donc mais quand même..

D'un nous observons qu'il s'agit d'un choix. Peut-être pas d'un choix concerté et approuvé par tous, mais si la société moderne décidait de consommer grosso modo comme les hommes des cavernes, si elle décidait que manger, dormir au chaud et discuter entre amis était suffisant.. qu'aller visiter l'autre bout du monde, regarder la télé, manger des produits exotiques, se maquiller, jouer aux jeux vidéos, faire du saut en parachute et les millions d'autres choses du genre, étaient superflues.. nous pourrions sûrement travailler en moyenne une demi-heure par jour, et encore. Et dans ce sens là, à consommation égale nous travaillons en effet énormément moins.

Mieux encore, même avec la consommation actuelle, qu'on aime ou qu'on aime pas, ce n'est pas le sujet ici, même avec la consommation actuelle donc, nous n'avons en France par exemple que quatres personnes sur dix qui travaillent pour la société. A chaque instant, nous avons plus de la moitié du village qui se concentre sur autre chose que la production pour la communauté. Ce n'est pas nécessairement entièrement du loisir c'est vrai, les enfants étudient pour préparer leur production future, et il y a pour tous une part de soins personnels obligatoires et de tâches domestiques.. mais ce n'est pas exactement l'esclavage non-plus. D'ailleurs pour ceux qui travaillent, la journée moyenne, en enlevant tout ce qui n'est pas travaillé sur l'année, n'est que de 4h30 à 5h de boulot par jour. Donc environ 30% du temps éveillé. Et sur l'ensemble de la population à peine 1h45 à 2h par jour, soit un maigre 12% du temps éveillé. C'est vous dire l'efficacité du système. Ça en laisse du temps pour les tâches domestiques et les soins personnels. Le reste c'est du loisir. On en a tellement d'ailleurs de temps libre qu'on cherche régulièrement de quoi se garder occupé. L'expérience est parfois très différente d'un individu à l'autre mais en tant que société, on a très probablement jamais si peu travaillé et consommé autant.

Alors la quantité de travail c'est une chose mais on pourrait aussi parler de qualité. Là aussi il y aurait beaucoup à dire mais je pense qu'il est temps de terminer cette brève histoire du travail et de la productivité par une simple remarque : c'est pas dans toutes les sociétés qu'il est possible à l'individu moyen de prendre un mois de vacances. De s'arrêter de produire pendant un mois. De le décider du jour au lendemain, tout en étant confiant de pouvoir survivre et même de ne pas subir de véritable préjudice dans sa consommation. C'est fort. L'homme des cavernes qui ne va pas chasser demain.. meurt après demain. Même s'il fait parti d'une tribu où la chasse est c'est vrai probablement mise en commun, l'homme valide qui volontairement décide de ne pas participer est exclu et va mourir gentiment plus loin. L'homme moderne n'a pas cette pression. Tout au plus il aura des difficultés à payer son loyer dans quelques mois mais même là le surplus de production à l'échelle de la société est si énorme que le besoin de punir ceux qui tirent au flanc est très faible. Beaucoup de ceux qui font le choix de ne plus rien produire peuvent accumuler assez en très peu de temps pour arrêter tout effort de temps en temps, et pour les autres, l'aide arrive vite et la sanction vient tard. C'est ça la société moderne d'abondance. On peut supporter facilement un grand nombre d'oisifs et aussi se permettre d'être moins regardant sur qui mérite quoi.

Encore une fois il s'agit d'un constat et pas d'une recommandation. Je ne suis pas en train de dire qu'il faut vite prendre un mois de vacances aux frais de la princesse. Ni qu'il faudrait prendre plus, ou moins en charge les démunis. Seulement que la société est fantastiquement riche, oisive et tolérante par rapport au passé. Une observation et non une recommandation.

Et justement, c'est ici que nous retrouvons enfin notre thème de la fin du vieillissement. Dans le monde de demain où les gens ne vieillissent plus, qu'elle est le futur probable du travail. Selon toute vraisemblance, nous consommerons plus en travaillant autant ou nous consommerons autant en travaillant moins ? Ce serait la suite logique de cette progression douce de la productivité croissante de l'humanité. De cette progression technologique, accélérée ou ralentie pour nos modes d'organisation plus qu'autre chose. Je reviendrais un jour sur les effets anti-technologie de l'institution de l'esclavage par exemple.

Mais, peut-être pas en fait. Ces deux options, de simples prolongations des lignes de nos tendances passées, sont peut-être naïves. Aux vues des avancées phénoménales en robotique, intelligence artificielle, bio-ingénierie et nanotechnologies.. les mêmes avancées qui permettront demain de vaincre le processus du vieillissement.. il semble de plus en plus probable que soit nous consommions plus en travaillant beaucoup moins soit nous consommions moins en ne travaillant presque plus du tout. A noter qu'on pourrait aussi consommer beaucoup plus tout en ne travaillant plus du tout. Mais ce scénario me paraît moins envisageable pour des raisons que j'évoquerais dans un futur épisode sur l'évolution de l'humanité, et qui n'ont rien à voir avec la productivité ou la technologie mais plutôt avec notre humanité. C'est pour plus tard ça.

Alors n'oublions pas que ce monde sans vieillissement est un monde ou déjà ce qui nous paraît fou aujourd'hui est réalité. Pour ne plus vieillir il faut avoir percé à jours tous les mécanismes infiniment petits et complexes de notre biologie, il faut avoir les outils pour les analyses, les ordinateurs quantiques, les intelligences artificielles, la nanotechnologie qui répare et modifie, qui permet la bio-ingénierie, la modification des gènes pour améliorer le système immunitaire, permettre la régénération cellulaire universelle, la réparation des mutations, l'évacuation des déchets nanoscopiques et j'en passe. C'est un monde ou il aussi possible d'utiliser les mêmes outils pour produire de la viande sans animaux. Moléculairement identique mais sans la vache, le cochon et compagnie. Même chose pour les oeufs, le lait, les concombres, les tomates et tout ce qui nous prend aujourd'hui du temps, de la place et de grosses quantités de ressources à produire. C'est l'impression 3D automatisée des maisons. C'est des taxis, des trains, des avions, des drones, des fusées, des camions, qui se conduisent tout seuls.. plus de chauffeurs tout court probablement à l'exception de ceux qui ont des voitures de collection. C'est le diagnostic de radiologie presque parfait par Watson d'IBM ou ses successeurs. Un diagnostic qui à terme coûte le prix de l'électricité.. elle même étant démonétisée avec des panneaux solaires ultra efficaces et sans besoin d'équipe de maintenance sur tous les toits, même dans les pays froids ou des éoliennes et batteries nouvelle génération feront le complément. Car en plus de produire l'énergie plus efficacement et moins cher, nos appareils consomment de moins en moins et de plus en plus intelligemment. On peut aller très loin comme ça, chaque révolution apparaissant en parallèle et se renforçant les unes les autres.

Très vite on s'aperçoit qu'il reste trop peu d'emplois pour occuper tout le monde, même en travaillant très peu. Répartir la charge de travail en faisant venir dix personnes pour travailler 10 minutes chacune n'aurait de toute façon pas de sens. Et pour créer de nouveaux emplois net il faut de nouveaux besoins. On peut avoir besoin de plus de programmeurs demain qu'aujourd'hui mais d'un c'est temporaire, et de deux un programmeur en intelligence artificielle peut remplacer des millions de chauffeurs routiers. Non pour conserver notre taux d'emploi face une évolution technologique quelle qu'elle soit il faut soit de nouveaux besoins, soit une demande qui n'était pas satisfaite avant.

Lorsque la productivité d'une usine de voitures augmente par la mécanisation, on peut faire plus de voitures moins cher et s'il y avait une demande insatisfaite, des gens qui voulaient une voiture mais ne pouvaient pas en acheter, la production augmente tellement qu’on peut conserver les emplois à l'usine, ou même embaucher plus. Malheureusement pour les fans du travail, s'il est vrai que tous nos besoins ne sont pas toujours satisfaits, on voudrait changer de voiture ou de téléphone plus souvent, on aimerait partir plus loin et plus souvent en vacances etc.. dans un monde ultra automatisé où les machines sont intelligentes et produisent non pas à côté de l'homme mais sans l'homme, ou elles ne rendent pas l'employé plus productif mais remplacent l'employé, l'augmentation de la production ne requiert ni de conserver ni de créer d'emplois. Il faut quelques designers de plus éventuellement et plein de machines. Des vendeurs supplémentaires ? Non même eux sont devenus des apps, des chatbots, des vendeurs virtuels dans nos casques de réalité augmenté.

Alors de nouveaux besoins peut-être ? Eh bah non, la production pour ces nouveaux besoins, même s'ils apparaîtront probablement, peut être largement automatisée elle-aussi. C'est là encore toute la différence avec les révolutions industrielles passées. Les nouvelles industries rendues possibles par les progrès technologiques ne sont pas fortement génératrices d'emplois. Prenons le tourisme spatial. Imaginons qu'on sache faire des fusées pas cher qui emmènent Mr Dupont en orbite passer un séjour dans un hôtel en microgravité, ou sur la lune ou peu-importe. Les concepteurs de la fusé sont sûrement moins nombreux qu'avant, le design assisté à fait des progrès phénoménaux ces dernières années et d'ici quelques années il suffira de donner quelques paramètres à la voix et de guider l'ordinateur en fonction de nos préférences artistiques et de nos objectifs pour que la machine dessine toutes les pièces et communique les plants à une usine d'impression et d'assemblage automatisée, probablement dans le même quartier, sinon sur le site, et hop.. les clients pourront aller commander leur vacance spatiale sur internet en demandant à leur assistant artificiel, se faire emmener en taxi robot sur le pas de tir de la ville et voilà. La fusée est bien sûr plus sécurisée sans pilote et le client à tout au plus vu quelques hôtesses dont le rôle principal est de produire cette chaleur humaine que nous demanderons probablement encore un peu mais qui pourrait aussi provenir des amis assis à côté. Une industrie qui emploie quelques personnes pour des centaines de milliers de clients. Et ça pour un peu toutes les industries, anciennes et nouvelles.

Alors on pourrait se dire, OK mais il suffira d'avoir beaucoup d'industries nouvelles de ce genre et voilà on finit quand-même par avoir un nombre conséquent d'emplois générés. Seulement voilà nos besoins ont des limites. Notre temps libre aussi. Pour conserver le taux d'emploi actuel, il faudrait sûrement partir en vacances, acheter des choses, consommer de nouveaux trucs partout tout le temps. C'est fatiguant et beaucoup de gens ne limitent pas leur consommation commerciale par manque de temps ou d'argent mais bien parceque une soirée entre amis, relire un livre, revoir un film ou même faire bronzette c'est très bien aussi. Dans une société aussi riche que la nôtre, souvent le facteur limitant la quantité de consommation c'est le manque d'envie de consommer plus. Avons-nous atteint le pic de consommation ? En qualité non certainement pas. On voyagerait tous première classe si on le pouvait. Mais en quantité ? Pas pour toute le monde, et pas tout le temps, mais pour beaucoup et souvent, oui. Vouloir faire une soirée pépère à la maison, ou même faire un poker entre amis plutôt que d'aller au resto, en boite ou faire je ne sais quelle activité payante, c'est pas si rare. Même si on a les moyens. La consommation à ses limites.

Il n'est pas du tout garanti que les industries nouvelles, créant individuellement peu d'emplois, trouvent suffisamment de clients pour se multiplier au point d'embaucher tous ceux qui ne seront plus utiles aux industries existantes.

Et c'est là où je voulais en venir. Dans un monde où tous nous sommes biologiquement jeunes et sans limite de durée, imaginez le lapin de Duracel, le concept de retraite semble absurde. Mais dans un monde où le travail humain est progressivement, et même bientôt rapidement inutile, peut-être que l'idée de la retraite garde en fait tout son sens. Après tout c'est aussi un monde où certains travaillent et d'autres sont inutiles. Littéralement inutiles, d'un point de vue production commerciale j'entends. Et donc il n'est pas absurde d'imaginer que ceux qui ont déjà pas mal travaillé, généré et accumulé pas mal de richesses, profitent maintenant oisivement de cette société d'abondance ou leur travail n'est pas nécessaire. Un âge de la retraite flexible selon les besoins du marché, probablement fixé uniquement en nombre d'années de cotisations et non d'âge biologique. Ceux qui plus jeunes n'ont pas encore vraiment contribué à la société dans la même mesure peuvent prendre les quelques jobs pour lesquels il faut encore des humains. Le nombre d'années de cotisations nécessaires baissant ou augmentant en fonction de la demande de travail humain.. et un nombre qui tend à terme vers zéro.

Les solutions à ce dilemme du manque de travail existent, et il n'y en a pas qu'une. Celle de la retraite dynamique n'est qu'une tentative de conserver le système actuel que tout le monde comprend et presque tout le monde accepte. Mais il y en à beaucoup d'autres plus inventives, qu'elles soient plutôt collectivistes ou capitalistes. Le revenu universel de base qui est présent dans tous les esprits n'est qu'une autre de ces solutions proposées, et que nous explorerons ensemble dans un futur épisode.

L'histoire de l'humanité est celle d'une relation dynamique et compliquée entre la consommation et le travail qui la rend possible, mais c'est une relation qui tend résolument vers la diminution progressive du travail, pour devenir demain une diminution abrupte, soudaine, rapide et durable dans un contexte où l'immortalité est rendue possible par les mêmes technologies qui rendent le travail humain largement inutile pour soutenir une consommation à bout de souffle. Cette révolution est différente des précédentes car les industries qui émergeront de ses cendres n'auront pas vraiment besoin de nous. Le challenge des retraites dans un contexte d'immortalité biologique n'est pas celui de devoir travailler à vie, ce qui fait un peu long dans notre cas, non bien au contraire, c'est celui de ne plus avoir besoin de tous.

Les enfants nés aujourd'hui devront sûrement travailler un peu, mais leurs enfants ou au moins leurs petits enfants ne comprendront peut-être pas la signification de ce mot. La retraite, un mot lui aussi abstrait, étant devenu une ligne de départ et non une ligne d'arrivée. L'immortalité ce n'est pas tant la fin de la retraite mais surtout la fin du travail. Bonne ou une mauvaise chose ? C'est ce que nous verrons la semaine prochaine. Merci d'avoir été avec moi pour cet épisode, n'hésitez pas à le partager et à me faire part de vos commentaires. A bientôt.

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