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Le bouddhisme : une philosophie viable ?

Pacifique, transcendantale, et bienveillante en apparence, le bouddhisme n'est pas nécessairement ce qu'elle semble être. Faisons ensemble une brève analyse critique de ses messages principaux.

Bonjour à tous ici Nicolas. La semaine dernière nous avons parlé du tout puissant et pour continuer un peu dans notre lancé sur le thème des croyances déraisonnables aujourd'hui on s'attaque à l'une des vaches sacrées de ceux qui se veulent spirituels mais sans Dieu : le Bouddhisme. C'est l'une des religions / philosophies les plus populaires puisque dans le monde il y a environ 500 millions et des brouettes de pratiquants et probablement autant de fans et de curieux. Le bouddhisme est né en Inde mais se retrouve maintenant un peu partout, surtout en Asie.

Alors il existe maintenant tout un tas de versions du bouddhisme et ici je ne vais parler que des principes majeurs sans lesquels on peut difficilement se dire bouddhiste. Le bouddhisme c'est vaste et toutes les traditions ne sont pas d'accord sur tout mais rien qu'avec les thèmes centraux on à déjà de quoi faire. Tentons donc l'impossible et résumons le bouddhisme en quelques phrases. C'est de celui là que je parle.

Le bouddhisme donc c'est l'idée que l'expérience de la vie est pénible, une suite de souffrances causées par nos désirs frustrés. C'est aussi l'idée que la fin d'une vie, la mort, n'est en réalité qu'un passage vers le renouveau sous une autre forme, le re-commencement dans une autre vie, plus ou moins horrible en fonction du Karma, du score éthique de la vie précédente. Et enfin qu'il est désirable d'arrêter ce cycle sans fin, pour éviter une succession de vies pénibles, et que le bouddhisme montre la voie pour y parvenir. Vous vous en doutez, nous allons maintenant procéder à une petite analyse critique, façon philosophie pratique.

Le thème central difficile d'y échapper c'est la souffrance. Le bouddhisme est fondamentalement basé sur l'idée d'une vie atroce pleine de souffrances. Pas nécessairement de tortures sans fin, encore que pour beaucoup d'animaux c'est vite le cas (vous pouvez écouter l'épisode sur la nature), mais des souffrances plus mondaines et fréquentes.. comme avoir faim, soif, envie d'uriner etc. Ou de manière plus intellectuelle comme le fait de se lamenter de ne pas être riche, beau, grand, célèbre, bon chanteur, doué à la guitare et j'en passe. Le bouddhisme fait donc le constat suivant, ce qui cause notre souffrance c'est nos désirs. Si on ne voulait pas être riche on ne serait pas déçu de ne pas l'être.

Nous avons ici quelques problèmes. Parler du “désir” d'uriner n'est pas exactement pareil que de parler du “désir” d'être en bonne santé, qui n'est pas pareil que de parler du désir d'être riche. Chacun intervient à un niveau cognitif différent, plus ou moins conscient et plus ou moins contrôlable. Celui d'uriner est principalement somatique, il vient de phénomènes mécaniques liés à des fonctions biologiques primaires auxquelles on ne peut échapper. C'est l'envie de ne pas avoir mal qui pousse à uriner, pas l'envie d'uriner en soit. Et l'envie de ne pas avoir mal n'est pas vraiment négociable. C'est une obligation biologique qui n'est pas sous contrôle conscient, qui est hors d'atteinte. Au mieux on peut apprendre à ne plus associer un certain stimulus physique avec une sensation de douleur, on peut apprendre à les découpler. Beaucoup de gens, y compris certaines sectes bouddhistes, pratiques ce genre d'entraînement rigoureux avec des résultats impressionnants. Mais il ne s'agit pas de ne plus avoir envie d'éviter la douleur, il s'agit seulement d'arriver à ne plus la ressentir dans les mêmes circonstances. L'envie d'éviter la douleur est aussi forte, aussi présente, chez le fakir et chez le spectateur. La différence c'est que le fakir lui ne la ressent plus, ou en tout cas très faiblement, alors que le spectateur sans entraînement hurlerait évidemment de douleur. Bien sûr on peut passer des années dans l'eau glacée pour y devenir insensible, mais on peut aussi bien éviter de plonger dans de l'eau glacée tout court.

Le désir d'être en bonne santé procède en partie du même phénomène, l'envie d'éviter la souffrance physique.. mais inclut aussi l'envie de rester valide, de pouvoir danser, courir, faire toutes les choses que nous faisons aujourd'hui. Et là effectivement cette envie est nettement plus sous notre contrôle. L'urgence n'est pas la même que c'elle d'uriner quand la vessie fait mal. On à plus de temps pour réfléchir, on fait nettement moins dans le réflexe. On imagine une perte de qualité de vie, une douleur mentale plus que physique. Et donc effectivement il est possible de se convaincre que la santé n'est pas importante, qu'il ne s'agit encore ici que d'un désir qui sera un jour frustré et conduira à la souffrance. Seulement voilà, ici aussi, le remède est pire que le mal. Si effectivement il ne faut pas désirer la santé, alors on ne doit logiquement rien faire pour la préserver. Ce n'est pas gênant pour le bouddha qui effectivement ne s'inquiète pas de sa jambe gangrenée.. mais pour celui qui n'est pas encore parfaitement éclairé, qui n'est pas totalement maître de ses désirs, c'est à dire presque tous ceux qui se disent bouddhistes, la jambe gangrenée est une source de souffrances. Des souffrances parfaitement inutiles puisque s'il avait un désir raisonnable d'être en bonne santé il aurait vite soigné sa jambe il y a longtemps.

Et nous y voilà, le bouddhisme c'est un peu comme prendre un bulldozer pour faire un château de cartes. C'est sûrement faisable mais pas simple. On préconise, pour éviter les souffrances, un chemin ascète extrêmement ardu pour tuer nos désirs au lieu de les satisfaire. Mais voilà, la vie est nuancée, parfois il est plus simple de satisfaire nos désir que d'apprendre à les ignorer. Le bouddhisme veut nous faire grimper la montagne pour arriver de l'autre côté. Lorsqu'il y en à un, autant prendre le tunnel. C'est la différence entre la philosophie pratique et le bouddhisme : nous sommes d'accord pour rejeter la souffrance, cette source de mal, mais les méthodes diffèrent. Plutôt que de se fixer sur l'élimination de tous désirs, il est plus raisonnable de parfois essayer de les satisfaire, et parfois essayer de les ignorer, suivant les circonstances.

Alors s'il y a des bouddhistes parmis nous je vais me faire accuser d'exagérer, que les recommandations seraient bien sûr de soigner la jambe, d'aller faire pipi etc. Oui sûrement, je n'ais jamais dit que le bouddhisme était une philosophie cohérente et honnête. Lorsque suivre un précepte conduit à l'absurde, on ignore le précepte, on fait des exceptions, on trouve des excuses et parfois on a même recours au surnaturel comme justification, mais ça on y viendra bientôt.

D'ailleurs l'idée que la vie est souffrance et qu'il faut éviter toutes ses souffrances par l'absence de désir ne tient pas vraiment la route. Il nous arrive souvent de choisir une peine passagère pour un bien durable. Une petite douleur maintenant pour un plaisir intense plus tard. C'est pour ça qu'on va au travail, qu'on repose le dernier gâteau etc. C'est donc qu'il y a une valeur positive net. Que le calcul se fait sur la durée et non seulement sur l'instant. Mais aussi qu'elle doit inclure la notion de plaisir, positive, et pas seulement d'absence de souffrance, neutre. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment moi qui le dit mais le bouddhisme, malgré elle. Pourquoi accepter les privations qui au début sont pénibles, pourquoi accepter les séances de méditations qui parfois nous ennuient, sinon dans l'espoir, dans le désir, d'un gain ultérieure ? Le bouddhiste doit reconnaître, de par son engagement même, que le bilan de souffrance se fait sur l'ensemble et non sur une partie. Mais le bouddhisme décide d'ignorer la valeur du plaisir, de faire comme-ci seule l'absence de peine avait de la valeur. Une règle arbitraire parfaitement contraire à notre expérience de la vie et qui biaise le résultat. Et conclure que la vie est forcément souffrance de manière générale c'est ignorer tout le plaisir qui pousse les uns et les autres non seulement à continuer de vivre mais souvent à attendre demain avec impatience. Peu de gens quittent ce monde avec l'impression d'avoir vécu une vie de souffrance. Une vie globalement horrible. Et pourtant ce faux constat est essentiel au bouddhisme, car c'est lui qui justifie tout.

Vous remarquerez que je n'ai pas parlé de mon troisième exemple du début, le désir d'être riche. C'est vrai pour la plupart d'entre nous ce n'est pas un désir sage dans le sens ou il sera très probablement frustré malgré nos efforts colossaux, et qu'il n'est pas certain que nous comprenions vraiment les implications d'être riche si par chance nous y parvenions. Néanmoins il n'y a pas besoin d'être bouddhiste pour recommander aux gens d'éviter les excès de désir, les épicuriens par exemple nous disent la même chose. D'autres philosophies orientales aussi, la psychologie moderne aussi.. le bouddhisme n'aurait rien d'exceptionnel ici donc passons. Ce qui est frappant dans le bouddhisme c'est justement ce rejet extrême de tous les désirs, même nous le verrons tout à l'heure, du désir de vivre.

Enfin tous non. Le désir de ne plus avoir de désirs, reste un désir.. que le bouddhisme encourage à cultiver.. qui est peut-être paradoxalement l'un des plus difficiles à satisfaire, l'un des plus facilement frustrés.. et qui ne peut pas être éteint évidemment puisque perdre le désir de ne plus avoir de désirs c'est risquer de nouveau d’avoir des désir.. y compris si on est bouddhiste celui de ne plus avoir de désirs.. et rebelote sans fin. La serpent se mord un peu la queue quand même. Et donc le bouddhisme à un truc. C'est ce dont je parlais tout à l'heure avec les excuses surnaturelles.

Pour s'assurer que la queue reste bien hors de la bouche du serpent, qu'il soit possible d'avoir une finalité, le bouddhisme invente toute une métaphysique sur mesure : la réincarnation, le Karma et le Nirvana. On nous dit que la mort biologique n'est pas vraiment une fin, que l'on va revenir et que la seule façon de ne pas revenir c'est de terminer un jour sans désirs. Je fais simple mais c'est en réalité très confus. Déjà parceque le bouddhisme parfois accepte, parfois rejete la notion de soi. Je ne vais pas rentrer dans le détail on a de quoi faire avec le reste.

Et oui parceque la réincarnation est un concept qui tombe dans le champ de ce dont nous parlions la dernière fois avec les religions de manière générale. C'est une jolie histoire parfaitement arbitraire et sans fondements, en concurrence avec d'autres histoires toutes aussi arbitraires et tout autant dans la vase. Allons-nous au paradis ? Lequel ? Allons-nous être réincarné ? Selon quelles règles ? Peut-être n'y a-t-il rien du tout. Ou quelque-chose de complètement différent. Il y a des millions d'histoires possibles, tout aussi plausibles les unes que les autres, et la seule position rationnelle ici est de ne pas se prononcer et d'agir comme s'il n'y avait rien. Pourquoi comme-ci il n'y avait rien ? Parceque c'est déjà ce que nous faisons tous, naturellement, pour toutes les autres histoires.

Exemple. Imaginez une théière à motif floral en orbite autour de Jupiter. Cet exemple est un classique et je vais l'étoffer un peu. On peut me répondre que c'est absurde et franchement peu probable. Mais bien sûr ce n'est pas impossible. Et d'ailleurs je sais comment. Un jour il y a presque 200 ans, un groupe d'extraterrestres est venu prendre le thé avec la reine Victoria. Ils étaient venus déguisés biensûr. Et en partant ils ont emprunté à la souveraine Anglaise cette jolie théière qui ferait un bon souvenir c'était-ils dit. Seulement voilà à peine sur le chemin du retour qu'une dispute éclate pour savoir qui la ramènera à la maison et ils décident d'expulser l'objet de la discorde pour que personne n'en profite.. pas loin de Jupiter justement. Ça y est, tout le monde me croit ?

Probablement pas et c'est là mon propo. Parfaitement possible, sans même d'éléments véritablement surnaturels, et pourtant c'est ridicule. Le tort de mon histoire, c'est d'avoir été écrite trop récemment et de ne pas répondre aux angoisses des hommes. C'est ça qui fait qu'on croit au Paradis ou à la réincarnation. Des histoires encore moins probables mais qui sont vieilles comme le monde, et qui rassurent et calmes nos peurs les plus profondes. La théière pas franchement. Sauf que là la réincarnation c'est gratiné. Je comprend que le Paradis soit plus populaire.

Et cette théière à laquelle personne ne croit, personne ne la cherche. Personne à la NASA ou à l'ESA ne prend de mesures pour éviter que les satellites envoyés vers Jupiter ne la percute. La position par défaut, pour toute croyance qui paraît très improbable, c'est de l'ignorer, pas de la prendre au sérieux pour le cas où. Pourtant l'histoire de la théière n'a rien d'incohérent ou de fondamentalement inexplicable.. ce qui n'est pas le cas de la réincarnation bouddhiste. Qui devrait donc être encore plus ignoré que notre réceptacle à thé jovien.

La réincarnation est un concept qui n'a pas vraiment de sens pour les humains. Nous n'avons pas la moindre connexion consciente avec nos vies précédentes, et il n'est donc pas particulièrement probable que nous en ayons un jour une avec notre prochaine. Vous êtes qui vous êtes peu importe votre vie précédente. Ce n'était pas vraiment vous d'ailleurs puisque, sans rentrer dans le débat complexe de l'identité, un débat que nous aurons dans un futur épisode.. peut-être êtes-vous la réincarnation de Napoléon, ou de l'un de ses larbins, sans que ça change grand-chose. Vous ne vous sentez probablement pas Napoléon ou larbin. L'expérience consciente de Napoléon pendant sa vie, sa personnalité, ses angoisses, ses désirs et ses souvenirs, est probablement très différente de la vôtre. D'ailleurs vous n'étiez peut-être ni Empereur ni serviteur mais abeille ou chevreuil. On comprend vite que la réincarnation est un concept sans intérêt puisque les identités, du moins tout ce qui nous importe, tout ce qui semble nous definir, sont manifestement perdues, complètement effacées malgré cet espèce de lien, inconscient, indéfinissable d'ailleurs, qui soit-disant existe entre les vies. Un lien pareil n'est pas très différent de pas de lien du tout.

Mais voilà, le bouddhisme ici aussi à un truc. Pour nous faire apprécier la valeur de ce lien qu'elle invente sans justification, cette religion et d'autres aussi, nous ajoute quelques règles pour épicer un peu cette sauce quand-même pas mal fade. Puisque notre expérience du lien est assez peu convaincante ou au mieu parfaitement anecdotique, le bouddhisme introduit la notion de Karma. Cette idée comme quoi, pour simplifier, nous aurions une sorte de score éthique, qui serait préservé d'une vie à l'autre et déciderait, vaguement, de notre condition dans la vie suivante. Ici on légitime le lien en question, il y a bien quelque-chose de préservé à travers la réincarnation, et en plus c'est quelque-chose d'important puisqu'il influe sur notre vie là maintenant et après.

Sauf que pas tant que ça. Nous ne pouvons pas savoir si notre vie est globalement meilleure ou pire que celle d'avant, si notre Karma était plutôt à la hausse ou à la baisse. La seule chose qu'on peut savoir c'est la tendance qu'il va prendre maintenant, avec nos actes. Et donc la aussi ce qui s'est passé dans la vie d'avant n'est pas vraiment important, ce qui compte c'est maintenant. Comment améliorer notre vie et notre Karma. Oui il est important d'améliorer notre Karma puisqu'il conditionne la vie d'après. Mais la vie d'après ne nous concerne pas nous plus que celle d'avant. Nous avons déjà vu que rien d'identitaire ne relie les vies entres-elles. Tout au mieux, essayer d'avoir un bon Karma dans cette vie, prépare de bonnes conditions pour quelqu'un d'autre dans celle d'après, pas pour soi. Le soi lui, peu-importe sa définition, meurt. Il ne survit pas, seul le Karma, le score éthique façon bouddhisme, survi. Même s'il est plutôt sympa de faire en sorte que les autres aient une vie plus agréable, ça ne nous concerne pas nous. Surtout qu'il s'agit d'une personne que nous ne pouvons par définition pas connaître ou voir heureuse, puisqu'il faut mourir nous pour qu'elle vive elle. La motivation en prend un peu un coup. Surtout si le Karma en question requiert beaucoup de travail.

Et oui, je ne vais pas rentrer dans les détails mais améliorer son Karma est un travail de tous les instants, souvent contraire à nos envies et à nos impulsions, et même parfois contraire à notre intérêt dans cette vie. Alors tout ce travail pour quelqu'un dont on ne saura jamais rien.. disons que c'est pas gagné. Et la notion de Karma est-elle vraiment éthique ? Souvent c'est ce qui attire les nouveaux bouddhistes, une religion de paix qui place l'éthique de la non-violence en son centre. Qui de nos jours n'est pas séduit par cette notion ? Je pense que cette présentation de l'éthique bouddhiste est trompeuse mais nous n'irons pas là aujourd'hui, et concentrons-nous sur un point étonnant.

Nous avons vu que le Karma se transmet de vie en vie, qu'il conditionne d'une certaine manière le bonheur et le malheur des vies à venir. Mais un tel système peut-il vraiment être compatible avec notre vision de l'éthique ? Un système qui je le rappel puni ou récompense quelqu'un pour les actions d'un autre. Nous avons vu que si le Karma survie bien, l'identité elle meurt. Et donc la réincarnation de Attila (oui Hitler c'est devenu trop classique), risque d'en baver sans trop comprendre pourquoi. Bien-sûr l'idée est d'encourager les gens à faire le bien en abusant du langage pour nous donner l'impression de se faire une faveur à soi dans la vie d'après, alors que le soi n'existe pas dans la doctrine bouddhiste et ne survit pas comme nous l'avons vu ici. Bref un système qui part d'une bonne intention mais essaye de nous tromper pour nous convaincre de faire le bien, en utilisant un mécanisme qui s'il était appliqué dans notre société serait considéré comme profondément injuste. Comme système éthique j'ai vu mieu. Tromperie et transfert de punition, c'est pas grandiose. Mais après tout, qu'on trouve ça juste ou non, si c'est comme ça c'est comme ça.

Oui sauf que ce n'est justement probablement pas comme ça, et qu'il n'est pas nécessaire de l'accepter. Pas plus que la présence de la théière en orbite autour de Jupiter. L'idée du Karma, comme celle de la réincarnation elle-même nous l'avons vu, est arbitraire. Une histoire montée de toutes pièces pour servir un objectif religieu. La réincarnation pourrait se faire sans Karma. Ou bien avec autre chose. Ou avec un Karma qui fonctionnerait de dix milles autres manières différentes. Le fait de choisir d'inclure la notion de Karma, de la lier à certaines pratiques désirables et pas à d'autres, tout ça c'est de la création et non de l'observation. Avec ou sans Karma, version bouddhiste ou autre, le monde tournerait toujours pareil. Cette notion n'explique rien, ne change rien, n'est pas testable, observable ou falsifiable. Comme la foi en Dieu, c'est un choix parmi des millions d'autres possibles. Un choix que le bouddhisme fait pour motiver nos actions dans un but précis.

D'ailleurs quel est l'objectif du bouddhisme ? En fait il est assez surprenant, peut-être pas unique mais en tout cas assez différent de celui des autres religions, surtout des religions monothéistes classiques. Surprenant parce qu'il est extrêmement sombre en réalité, et contraire à notre humanité. Et pour se faire accepter malgré ça, il est présenté sous couvert d'objectifs intermédiaires qui eux paraissent très humains. Des objectifs qui, nous venons d'en parler, sont justifiés par de belles histoires créés de toutes pièces en ce sens.

Ces buts intermédiaires parfaitement louables et humains nous les avons évoqués, c'est éclairer son esprit, c'est l'absence de souffrance, et aussi l'harmonie Karmique universelle. Mais tout ça c'est de la poudre aux yeux, car le véritable objectif du bouddhisme, c'est la mort. La mort de toutes et tous. La mort même de toutes les formes de vie. Étonnant non ? Et pourtant c'est le cas, bien que cet état idéal ne soit jamais vraiment présenté comme ça.

La souffrance, nous dit le bouddhisme, doit être éliminée. La vie est nécessairement souffrance et ne s'arrête vraiment qu'avec la fin du cycle de réincarnation. La fin du cycle n'est possible que sur le chemin bouddhiste du bouddha. Une fois libre de désirs, une fois incapable de souffrir, ce cycle s'arrête, c'est le Nirvana.. l'absence de soi, le néant, la conscience qui s'éteint à jamais. On peut l'appeler Nirvana, ou on peut l'appeler de son nom plus commun, la mort.

Et finalement le bouddhisme n'est qu'une manière élaborée d'appeler les gens au suicide. Leur demandant de suivre un chemin compliqué, long et contre-nature, pour finalement rejoindre le néant qu'ils auraient de toute façon atteint de manière naturelle, ou qu'ils peuvent atteindre demain en sautant d'un pont.

Le bouddhisme est une philosophie de mort. Préoccupée uniquement par une souffrance exagérée hors de toutes proportions en ignorant largement les plaisirs faciles de la vie. Une vision dogmatique qui ignore les circonstances pratiques de tout à chacun, et recommande en tout temps un mode de vie ardu et inflexible. Qui invente pour nous motiver un système éthique injuste, arbitraire et même souvent flou ou incohérent.. pour finalement nous pousser sans trop le dire ouvertement vers ce que la plupart d'entre nous fuient : l'extinction de la vie.

Le bouddhisme n'est en effet pas une philosophie franchement pratique, ce n'est même pas une philosophie viable tout court. Elle n'est pas faite pour les humains et pour être bouddhiste il faut fermer les yeux et se concentrer sur les aspects périphériques sympas de cette religion au noyau pourri.

Merci d'avoir écouté cet épisode un peu dur sur une religion pourtant très appréciée.. je ne vais pas me faire que des amis, mais j'espère avoir donné ici à réfléchir. Il y à de nombreuses autres philosophies aux thèmes agréables à étudier pour ceux que ça tente, ne perdez pas votre temps avec le bouddhisme. Un paquet séduisant mais résolument vide. N'hésitez pas à partager cet épisode, surtout avec ceux tentés par cette religion, peut-être pas avec ceux qui sont à fond dedans, je ne les convaincrait probablement pas et vous perdriez des amis.. et moi je vous dis à bientôt.

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