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L'humanité est-elle nuisible à la nature ?

Accusé de tout et son contraire, homo sapiens n'a que peu de défenseurs. Aujourd'hui j'endosse le rôle d'avocat du diable (enfin c'est à se demander si le diable n'a pas meilleure réputation), pour examiner le rôle et l'impact de notre espèce sur le monde et ses autres habitants.

Ah la beauté de la nature, si parfaite, si bien ordonnée, si étonnante de complexité.. mais si fragile, en équilibre si précaire.. constamment menacée par ces hordes d'humains sans conscience qui pillent ses ressources en toute impunité. Ou pas. Bonjour à tous ici Nicolas, et aujourd'hui je vais essayer de vous déculpabiliser un peu. Et dieu sait que nous les hominidés on s'en prend plein la tronche.

L'humanité se retrouve bien régulièrement sur le banc des accusés. Les chefs d'accusation sont multiples. Nous prenons trop de place, nous consommons trop de ressources et nous polluons trop. Ça semble beaucoup mais en réalité on peut tout résumer à une seule chose : nous sommes accusés de trop changer l'environnement, la planète.

La transformation est tellement ancrée dans nos esprits qu'il y à même un mot pour ça : l’anthropocène. Et oui c'est le nom donné parfois à l'ère actuelle qui est définie par les changements dûs à l'homme plus encore qu'à ceux dûs à l'action de la nature. Petit rappel, la nature c'est dans ce contexte tout ce qui n'est pas nous ou directement orchestré par nous. On pourrait dire bien sûr que l'humanité fait partie de la nature mais dans ce cas là le mot perdrait un peu son sens. Celà ne me gène pas donc de considérer l'homme comme une sorte d'exception.. à la fois issu de la nature mais n'en faisant désormais plus parti. Pourquoi pas si ça peut aider le débat.

La première chose sur laquelle j'aimerais attirer l'attention c'est sur la difficulté d'établir un constat ferme. Je serais bien incapable de vous dire si l'homme est globalement plutôt une force positive ou une force négative. Si si vous allez voir c'est pas si évident. Et oui, il faudrait déjà commencer par définir les bases de notre jugement. Une force positive c'est une force qui fait quoi au juste ? A FILIAPOLIS le critère principal d'évaluation est le bonheur. Mais le bonheur de qui exactement ? Et bien puisque ceux qui accusent l'humanité de tous les maux prennent en général le parti de la planète dans son ensemble, nous pouvons accepter comme critère le bonheur de tous les êtres vivants qui s'y trouvent.

A noter que ce critère est arbitraire mais je pense satisfaisant pour la plupart d'entre nous. A noter aussi que ce bonheur s'entend au sens large.. du plaisir physique d'un orgasme à la satisfaction intellectuelle d'un podcast intéressant. Et aussi bien chez les vers de terre, en imaginant qu'ils aient une conscience suffisante pour donner une valeur à ce plaisir, que chez ces affreux humains. Et oui eux aussi comptent.

Et là on voit vite que les problèmes sont multiples. Faut-il inclure les bactéries ? Sont-elles capables de ressentir des émotions au delà de simples réactions chimiques ? A priori non. Les araignées ? De simples réflexes moteurs comme un toasteur ou une véritable conscience émotive ? Difficile à dire. Peut-être mais peut-être pas. Un chien ? Là c'est plus plausible mais même ici nous nous heurtons à de gros problèmes. Le plaisir d'un chien vaut-il la souffrance de deux iguanes ? Il n'existe pas de réponse à cette question puisque nous n'avons pas de méthodologie pour quantifier ou qualifier tout ça. Tout au mieux on y va au feeling. Ce n'est pas très scientifique, ni même très philosophique. Donc je ne sais pas.

Le bonheur d'un groupe d’humains qui mangent une vache pèse-t-il plus lourd dans la balance globale que la peur de la dite vache en allant à l'abattoir, si peur il y à.. ou que la souffrance de son petit veau perdu sans sa mère.. si souffrance il y à. Honnêtement je n'en sais rien.. et vous non-plus, et PETA, Brigitte Bardot, Greenpeace et compagnie non-plus. Nous avons juste chacun fait des choix différents en ce qui concerne la hiérarchisation des souffrances et des plaisirs. Des choix qui pour le moment en tout cas reposent principalement, sinon presque uniquement, sur de grosses approximations et sur des préférences subjectives.

Imaginant qu'il n'y ait pas d’alternative, je préfère voir une vache anxieuse d’aller dans un endroit inconnu (l'abattoir), qu'un humain mal-nourris. Ce n'est pas le cas de tous je le conçois. En revanche je préfère voir une oie gambader librement et les amateurs de foie gras déçus. Ce n'est pas le cas de tout le monde, ça je le conçois moins. Imaginer le ressenti d'autres êtres vivants comme si ils étaient humains est tentant mais n'est pas toujours approprié. L'anthropomorphisme à ses limites peut-être mais c'est vrai qu'entre les marqueurs biologiques objectifs tels les hormones de stress, et les comportements étonnamment similaires aux nôtres, comme une oie qui essaie désespérément d'échapper à l'entonnoir, on peut difficilement ignorer la possibilité d'une certaine forme de peur et de souffrance physique sûrement assez semblable à la nôtre. Alors à contraster le plaisir gustatif optionnel à la torture obligatoire qu'il requiert.. y'a pas photo.

Dans le doute il semble prudent d'assigner à la souffrance d'au moins certains animaux un poid proche ou équivalent à celui des êtres humains. Ce qui ne veut pas dire que la détresse d'une vache qui peine à mettre bas est équivalente à la détresse d'une femme dont l'accouchement se passe mal. En effet, les humains ont une vie mentale riche qui multiplie les effets positifs et négatifs, et les rends contagieux. On cauchemarde sur des événements traumatiques pourtant révolus, nos proches en sont affectés et tristes pour nous. Peu d'animaux sont sujets à quelque-chose de semblable et apparemment jamais dans la même mesure. La douleur d'une célébrité par exemple peut se propager à des millions de fans. Le monde animal ne connaît pas ce phénomène. La douleur humaine est donc généralement, pour le même phénomène, plus forte car amplifiée mentalement, sur l'instant et dans le temps, et contagieuse. Le plaisir aussi.

C'est pourquoi il est difficile d'affirmer avec certitude que la souffrance d'une vache perpétuellement gestante avec les pies comme des ballons de baudruche, est nécessairement un mal vis à vis du plaisir de l'enfant qui boit son verre de lait sous les yeux émerveillés de sa grand-mère, tout ça finissant sur facebook pour la postérité. La souffrance de la vache est réelle, le plaisir de l'enfant, et de sa grand-mère, et de leurs amis facebook, maintenant, et demain, aussi. Vu ainsi le bilan global est peut-être positif.

Alors je souhaite rappeler encore une fois ici qu'à la base de notre analyse nous prenons pour acquis que toutes les souffrances et tous les plaisirs identiques sont aussi importants peu importe l'espèce. Rien n'oblige à accepter ce postulat, on pourrait tout à fait partir sur autre chose de parfaitement logique, mais acceptons le pour l'instant puisque c'est me semble il la base du raisonnement de ceux qui voient en l'humanité une force pour le mal. Nous n'avons pas besoin de rejeter cette condition initiale pour effondrer leur château de carte. Je ferais un épisode sur le traitement des animaux et sur l'attitude qui me paraît la plus tenable d'un point de vue fondamental. Les humains sont-ils plus importants ? C'est une question importante à laquelle je ne réponds pas ici. J'accepte pour l'instant l'idée que non.

Bon imaginons que toutes ces difficultés soient magiquement résolues. Nous savons quels êtres vivants ressentent quoi et nous pouvons tout quantifier tout qualifier et tout hiérarchiser dans un système universellement accepté. C'est pas demain la veille mais de toute façon même là on est pas au bout de nos peines. Il reste maintenant quand même un tout petit travail, celui de calculer si l'ensemble des actions de l'humanité tend à augmenter ou à diminuer le score total. Et là bonjour. Les actions de l'humanité c'est pas ce qui manque. Et les conséquences directes ont des ramifications indirectes difficiles à prévoir sur l'ensemble de la biosphère.

Par exemple la déforestation va mener à court terme à une extinction locale de certaines espèces, mais ces espèces seront remplacées dans une certaine mesure par d'autres. On pourrait même envisager que les nouvelles espèces soient au final plus en harmonie les unes avec les autres que celles qui étaient là avant. C'est à dire qu'elles soient globalement plus heureuses. Les écosystèmes de ce genre existent où la prédation est minime, notamment sur certaines îles isolées.

Même les actes qui semblent parfaitement néfastes ne le sont pas nécessairement. La pollution marine qui tue quelques oiseaux migrateurs ici sauve de la prédation beaucoup plus de poissons, insectes et petits mammifères des milliers de kilomètres plus loin. Alors sauver ces animaux qui auraient étés dévorés autrement n'aurait-il pas des conséquences négatives en retour ? Peut-être oui. Difficile à dire mais croire que le statu-quo est nécessairement optimal me semble injustifié et naïf. Un bouleversement peut résulter en une amélioration, mais à l'échelle d'une planète être catégorique n'est jamais évident. On peut toujours regarder un peu plus loin, attendre un peu plus longtemps. Il y à un moment ou il faut s'arrêter et rendre son jugement. Mais quand ? Pas évident et c'est du cas par cas. Beaucoup de cas par cas qui rendent le calcul bien trop complexe, du moins en l'état de nos connaissances et de notre technologie. Nous n'aimons pas trop nous l'avouer mais nous n'en savons finalement pas grand chose. D'autant plus lorsque la réponse paraît évidente et nous pousse à une fausse certitude basée sur en réalité assez peu de choses et une observation très incomplète des résultats à première vue négatifs.

Même les extinctions ne sont pas obligatoirement les désastres qu'on imagine par défaut. Réduire la souffrance est une méthode aussi valable qu'accroître le plaisir. Une espèce dont la vie est globalement misérable dans un environnement où la survie est un combat ardu de chaque instant, pourrait voir sa disparition améliorer le "score bonheur" de la planète. Il faudrait pour celà démontrer que la vie des individus qui la composent est généralement mauvaise. C'est à dire qu'elle comporte plus de souffrances que de plaisirs. De là à estimer que la perte de certaines espèces est une bonne chose soit pour elles-mêmes soit pour les autres, il n'y à qu'un pas. Un pas que je franchis bien volontiers d'ailleurs. C'est sûrement choquant à entendre.. mais il y à plus d'un parasite, bactéries et autres organismes similaires qui causent énormément de peine sans en retirer eux-mêmes de plaisir.. une situation bien absurde de notre point de vue et pourtant très naturelle. La nature ne cherche pas elle à améliorer le score bonheur.

Et justement j'aimerais faire un petit bilan de la nature sans intervention humaine. Et c'est pas joli joli. On peut par exemple s'émerveiller de la complexité de la nature.. une machine bien huilée avec une chaîne alimentaire où tout à sa place et qui fonctionne donc en harmonie. La partie harmonie j'y reviendrais mais là ce qui m'intéresse c'est la partie complexité. Et franchement on peut difficilement ignorer le fait que cette complexité est certe grande mais aussi souvent carrément inutile.

On s'émerveille du camouflage dynamique de la pieuvre ou du caméléon mais ce camouflage ne serait pas nécessaire si les prédateurs n'avais pas de si bon yeux.. qui justement sont requis pour percer à jour le dit camouflage.. qui va donc devoir s'améliorer encore et ainsi de suite. C'est ce qu'on appel la course aux armements évolutive. Ça n'en finit jamais et c'est d'ailleurs ce qui fait qu'on a sans cesse besoin de trouver de nouveaux antibiotiques pour contrecarrer les saloperies qui évoluent pour résister à ceux qu'on à.

La nature c'est beaucoup de course pour finalement souvent.. rester sur place. Présenté comme ça c'est tout de suite moins glorieux. Alors tout sert à quelque chose oui mais beaucoup de choses sont remplaçables par des mécanismes plus simples et le reste n'est en fait qu'une réponse à l'évolution hasardeuse d'autres trucs qui n'apportent qu'un gain très temporaire. La complexité du monde parfois augmente parfois diminue mais n'apporte finalement pas grand chose aux individus qui ne soit vite perdu ou contrebalancé après.

Pour faire un monde qui fonctionne il en faut en réalité très peu. Au début il n'y avait par exemple vraisemblablement qu'un seul type d'organisme, par comparaison très simple.. et ça marchait bien. Malheureusement le processus évolutif dans un environnement comme celui de la terre, tend vers un certain niveau de complexité relativement éloigné de la simplicité initiale. Ce n'est pas tant que la nature souhaite la diversité ou souhaite se complexifier ou même s'améliorer.. pas plus que la gravité ne souhaite vous attirer vers le sol ou que le soleil ne souhaite nous éclairer. Non tout ça est très mécanique et inéluctable étant donné les lois de la physique dans cet univers. Les réactions chimiques sont gouvernées par ces lois et l'évolution telle que nous la connaissons en résulte implacablement. Ce n'est pas un choix, il n'y à pas de but, d'objectif, d'état idéal ou de plan divin.

Nous parlerons de Dieu plus tard mais aujourd'hui nous partons du principe que la nature est le résultat de forces cosmiques indéterminées et impersonnelles. Autrement dit, la nature s'en fout. Elle n'a pas de préférences, elle ne s'inquiète pas plus pour nous que pour les ours polaires ou les mantes religieuses, les plantes ou les microbes. Pour mère nature, la survie passe aussi bien par la photosynthèse que par la lente digestion d’une proie encore vivante.. ou par l'agriculture. La nature n'a pas de préférence. Elle se fiche pas mal des perdants d'aujourd'hui et des perdants de demain. Elle se fiche pas mal qu'il existe une seule espèce ou des milliards, que ce nombre augmente ou diminue, que les populations s'étendent ou se contractent, que les individus soient plutôt heureux ou plutôt malheureux. Elle a tendance à tout recycler et les victoires ne sont malheureusement que temporaires. Parfois ça va dans un sens, parfois dans un autre.. peu importe, il n'y a pas de plan, ce qui fonctionne là maintenant fonctionnera.. et demain on verra. Et souvent ce qui marche est plutôt moche, suivant nos critères à nous.

Oui parceque décrire la nature dans toute sa splendeur ce n'est pas seulement s'émerveiller devant l'agilité d'un lion. C'est aussi décrire l'angoisse d'une antilope essoufflée qui échappe de peu à notre gros chat à crinière, tout ça pour voir son petit, moins rapide, prit à la gorge, lutter futilement pour quelques minutes de vie en plus. Ce n'est pas seulement parler des yeux perçants de l'aigle, si agile, si majestueux, si apte à attraper dans ses sers coupants le pauvre lapin dont le coeur bat la chamade, sûrement saisit d'une peur qu'aucun d'entre nous je l'espère ne connaîtra, et ça peu avant de se faire massacrer sauvagement par le roi des oiseaux. C'est aussi décrire les milliers de maladies lentes et douloureuses, de malformations atroces, de parasites qui dévorent de l'intérieur, ou même tout simplement la décrépitude préprogrammée (la vieillesse), bref toutes ces choses qui touchent toutes les espèces et qu'on à tendance à oublier quand on parle de la beauté et de l'harmonie de notre planète.

Il ne faut pas oublier que la chaîne alimentaire est surtout la plupart du temps une pyramide alimentaire. Et les pyramides sont caractérisés par une pointe très étroite tout en haut, là où se trouvent les majestueux prédateurs apex : les lions, les ours, les tigres etc.. enfin tous les animaux qu'on admire pour leur puissance, leur agilité, leur ténacité à la chasse.. mais en bas et bien c'est nettement plus large. Pour chaque ours le ventre bien repu il y à des milliers de saumons éventrés, des millions de harengs déchiquetés et des milliards de zooplancton digérés vivants. Le monde est un champ de bataille. Un grand charnier à ciel ouvert. Le jeu de la vie ? Pour l'écrasante majorité : c'est le jeu inutile de la survie. Angoissante, parfois terrorisante.. et bien trop souvent ardue et éreintante. Et pourtant cette lutte de tous les instants est en grande partie invisible à nos yeux d'humains.

Dans le monde des humains les animaux souffrent à l'écart. Cachés. On le sait, vaguement, mais sur facebook, au boulot, à l’apéro, dans la voiture ou au supermarché les cris sont largement absents. Le sang aussi, ou il s'appelle “du jus”. Ah ils sont loins les lapins agonisants, les écureuils morts de faim et les rats mutilés. Nos infirmes se déplacent en chaise roulante, ont des prothèses.. on à des anti-inflammatoires, des cachetons pour la douleur, on opère les malformations, on prend soin des handicapés mentaux et des personnes âgées, notre science élimine presque tous nos parasites. Non le monde des humains, aussi imparfait qu'il soit, reste en apparence relativement paisible et positif par rapport à la boucherie quasi-permanente du monde animal.

Mais faute de le voir on ne peut pas s'empêcher d'associer la nature à des forêts magnifiques au pied de montagnes majestueuses dans lesquelles courent des ruisseaux apaisants. Et bien allez l'expliquer à ceux qui y vivent au quotidien sans le privilège d'être humain. Pour eux les forêts sont des coupes gorges au pied de montagnes avec pas grand chose à becter parcourues par quelques ruisseaux surveillés par les rapaces, les loups.. enfin tous les trucs qui ne leur veulent sûrement que du bien. Nous allons dans le parc faire une sieste au soleil. Le lapin lui va dans le pré pour soulager sa faim et il garde les oreilles bien ouvertes avec les muscles prêt à bondir. La petite boule de poil toute mimi qu'on aperçoit en rando en réalité elle à la trouille. Celles qui ne se méfient pas, qui sont détendus, ce sont celles qui vivent en appart avec nous, les salauds d'humains.

Alors pourquoi un tel contraste entre le monde naturel et le monde artificiel ? La raison en est simple. L'homme à la capacité d'agir consciemment pour améliorer sa condition et son environnement. Et mieux encore, il est doué d'une empathie hors norme, qui lui permet d'améliorer aussi le sort des autres espèces. Alors autant je suis sûr de faire l'unanimité sur la capacité de l'homme mais sur son empathie je sens déjà les réticences. Et pourtant je le maintiens nous sommes les champions incontestables de l'empathie.

Oui l'homme est capable de cruauté. Comme il est capable de bonté. Il serait quand-même injuste de l'accuser de l'un sans examiner l'autre. Et clairement dans nos sociétés modernes au moins, c'est la bonté qui règne en maître. Ce sont les actes cruels qui font la une des journaux, rarement l'inverse. Les gens cruels perdent le respect de leurs voisins. Ils sont même parfois mit en prison. Pourquoi ignorer les multitudes de sociétés de protection des animaux, les vétérinaires volontaires ou les enfants qui nourrissent les oiseaux tombés du nid ? La nature, les animaux et l'environnement sont partout dans les journaux, à la télévision, chez Disney etc. L'homme se sent tellement coupable qu'il se rabâche sans cesse le message du méchant industriel, du méchant capitaliste en lutte contre les gentils écologistes. Peu importe qu'on accepte ou qu'on rejette ce message, il est là.. symptomatique d'une civilisation humaine qui veut fondamentalement faire le bien autour d'elle.

Oui nous maltraitons les animaux à échelle industrielle. Ces mauvais traitements sont peut-être tolérés mais ils sont vu comme un mal nécessaire, à éliminer dès que possible. Personne ne se vente d'avoir une usine qui met les poulets en cage. Non même ceux dont le gagne pain dépend de ces mauvais traitements essayent de se mentir à eux même, ou au moins aux autres. Précisément parceque la société tolère avec peine ces pratiques. Nous n'aimons pas ça. Pour pouvoir se regarder en face après avoir mangé un oeuf on essaye de ne pas penser à ces usines, ou on rationalise en se disant qu'on à pas le choix, qu'on à pas les moyens d'acheter des oeufs plus cher, pas la place d'élever nos propres poules, que ses protéines sont essentielles à nos enfants. Personne en tout cas à part les tarés, par définition marginaux, ne se dit "chouette y'a des poulet qu'on morflés pour pondre mon oeuf". Non la société aimerait de tout coeur faire autrement mais pense que l'alternative n'est pas raisonnable. Qu'elle ait raison ou pas n'est pas la question. Le dégoût est bien réel. Si nous avons tort nous sommes coupable d'un manque de jugement collectif tout au plus, mais pas de méchanceté. D'ailleurs nous ne sommes pas tous d'accord sur la solution et des millions d'êtres humains sont déjà végétariens par choix. Combien d'espèces omnivores décident consciemment de restreindre leurs choix diététiques, de se casser les fesses à trouver autre chose à manger, de moins nourrissant, de moins bon, ou peut-être même les deux.. pour ne pas faire souffrir leurs proies ? Assez peu. Et jamais avec le systématisme qui nous caractérise.

Oui les animaux n'ont peut-être pas la capacité intellectuelle de réfléchir en ces termes, mais c'est justement mon propo. L'homme est unique. Sinon dans sa générosité envers les autres espèces, au moins dans l'ampleur qu'elle prend. On empêche ou au moins on modifie à grands efforts la construction de pipelines, d'aéroports ou de routes pour éviter de perturber les écosystèmes. C'est pas beau ça ?

OK c'est pas partout. L'homme à par le passé, et même encore trop souvent de nos jours, été un beau salaud. L'empire romain ne rechignait pas à sacrifier des milliers d'animaux sauvages pendant certains jeux du cirque. Mais nous parlons d'une époque ou l'homme lui-même peinait à subsister, ou il prenait lui aussi part aux jeux du cirque. Je n'ai nul doute que l'homme peut en effet se comporter comme une bête, pire encore, lorsque les conditions sont réunis. Lorsque sa société est plus proche de la nature justement. Plus proche de la famine, de la maladie, de la prédation, de l'inconfort. Mais c'est justement là toute ma thèse.

L'environnement artificiel que l'homme continue à améliorer, à affiner et à pacifier au fil des générations crée les conditions dans lesquelles la bonté hors norme de l'homme peut fleurir et s'exprimer pleinement. Moins nous sommes dans le besoin et plus nous souhaitons partager notre bonne fortune. Plus nous souhaitons prendre soins des forêts, des oiseaux, des rivières. Mais malheureusement c'est aussi ce qui nous fait oublier l'horreur de la nature sans l'homme. La nature que nous voulons préserver est une chose abominable dont nous avons au cours de l'histoire toujours voulu nous échapper à tout prix. Nous l'avons maintenant tellement oublié que notre générosité, même si elle demeure incomplète c'est vrai pour le moment, nous pousse à voir dans la nature si lointaine, un espèce de paradis idéalisé qu'il faudrait préserver.. pour les autres espèces. Pas pour y vivre nous quand même faut pas exagérer. Non. Les ours aussi. Les saumons aussi. Les zooplanctons aussi aimeraient bien profiter d'un monde sans froid, sans faim, sans parasites, sans maladie et sans prédation. D'un monde humain.

Comme tous les animaux, les hominidés cherchent à se faire plaisir. Mais uniquement parmis eux, l'homme prend de plus en plus plaisir à faire plaisir aux autres.

Les vendeurs de certitudes et les alarmistes en tous genres veulent nous faire croire que l'homme détruit la planète. Vrai ou faux peu-importe pour le sujet d'aujourd'hui, ils sont eux-mêmes la preuve vivante de la bonté de notre espèce. Et nous venons de voir qu'il est parfaitement impossible, en tout cas à l'heure actuelle et pour un bon moment sûrement, de savoir si oui ou non l'action de l'homme est globalement positive ou négative à l'échelle de la planète, pour l'ensemble des espèces (pour les êtres humains c'est résolument positif, nous y viendrons). Le monde à l'état naturel est un monde abominable où il fait rarement bon vivre pour l'écrasante majorité des êtres qui y habitent. Heureusement, les grands singes en pleine métamorphose que nous sommes, sont généralement disposés à sauver la nature d'elle-même. Il est temps, il est grand temps, d'abandonner notre vénération naïve du résultat plutôt laid de milliards d'années d'évolution hasardeuse.

Merci d'avoir écouté cet épisode. Nous verrons une autre fois quelles sont les directions possibles pour une humanité qui prend ce problème au sérieux.. appelé parfois l'ingénierie du paradis (oui ça sonne assez fou, assez utopique, mais le concept est très sérieux néanmoins). En attendant n'hésitez pas à partager le podcast et je vous dis à bientôt.

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