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Pas de surpopulation chez les dieux

Peur si souvent mentionnée lors des débats sur l'extension de la vie, aujourd'hui nous examinons le problème de la surpopulation dans un monde sans vieillards.

Salut à tous, ici Nicolas pour ce qui sera peut-être l'un des plus gros morceaux de notre série sur la mort et le vieillissement. Et oui aujourd'hui on va s'attaquer à ce qui est peut-être l'une des plus grosses objections contre l'idée d'éradiquer le processus du vieillissement. Ce n'est pas l'objection que je trouve la plus pertinente mais elle revient si souvent qu'elle est peut-être la plus importante à analyser.

Le problème est souvent posé comme suit : si plus personne ne vieillit alors mathématiquement on finira par être en surpopulation. Et oui, prenez beaucoup moins de morts, ajoutez autant de bébés, secouez le tout et vous avez le cocktail du désastre malthusien. Ou pas.

Mais avant d'analyser les ingrédients pour imaginer le goût du coktail, j'ai envie qu'on soit un peu plus rigoureux dans notre approche philosophique, une fois n'est pas coutume, et qu'on définisse un peu ce qu'on entend par surpopulation.

En général la version simple c'est celle d'une inadéquation des ressources ou infrastructures par rapport à la population. Y'a pas assez de pain pour tout le monde.. ou, on a plus de quoi loger les nouveaux venus. Simple en théorie mais pas toujours utile en pratique.

Avoir assez de pain ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire que tout le monde devrait pouvoir manger du pain à volonté, c'est à dire manger à satiété ou même par gourmandise ? Ou bien juste assez pour subvenir aux besoins nutritionnels moyens ? Aux besoins nutritionnels d'un athlète ou d'un sportif du canapé ? Il est évident que des privations quotidiennes avec la faim au ventre en permanence, c'est plutôt gênant. Mais sommes-nous aussi en surpopulation s'il faut se restreindre un peu une fois tous les dix ans ?

Idem pour le logement où la surpopulation peut vouloir dire quelque chose de très différent pour un japonais et un américain. Et d'ailleurs varie de japonais en japonais et d'américain en américain. Les uns savent pas comment remplir 20m2 et les autres peinent à trouver assez de place dans 200.

Et là on commence à voir que le problème n'est pas à comprendre en terme de un ou zéro mais en terme de graduation. Pire encore, il est difficile de ne pas recourir à des critères assez subjectifs. Et il est donc assez facile pour deux personnes d'analyser la même situation pour en arriver à des conclusions parfaitement opposées, et pourtant aussi justes l'une que l'autre.

Ce sur quoi on peut quand-même se mettre tous d'accord, c'est sur le fait que la situation tende vers la surpopulation, ou s'en éloigne. Et donc le concept reste tout de même utile et permet de discuter, même s'il n'est pas nécessairement simple de se mettre d'accord sur l'urgence de la situation.

Et urgence y-a-t-il ? Et bien j'ai envi de proposer que le calcul est nettement plus compliqué qu'une extrapolation des tendances actuelles avec une seule modification, celle de ne plus voir les gens vieillir. Et oui l'observation du passé à ses limites pour prédire l'avenir. Il est tentant de regarder les courbes et de les prolonger mais c'est pas si simple.

Si l'humanité parvient bien à empêcher universellement le processus du vieillissement, si plus personne ne devient frêle et tout ridé pour casser sa pipe autour de 80 ans, en effet la courbe de mortalité est à infléchir. Mais ça ne veut pas dire pour autant que les autres courbes, celles du taux de natalité par exemple, vont rester dans la même tendance qu'aujourd'hui.

En effet on sait bien que le taux de natalité à déjà tendance à diminuer un peu partout dans le monde et on peut s'attendre à ce qu'il ne reste pas constant mais diminue encore davantage à l'avenir puisque le principal facteur est la qualité de vie. Plus les humains vivent confortablement plus ils semblent investir leur temps dans un nombre réduit d'enfants et une meilleure qualité pour tous.

Il semble que notre instinct biologique soit de privilégier la qualité plutôt que la quantité lorsque l'environnement s'y prête. Je ne vais pas entrer dans les détails ici mais en biologie c'est l'idée de la sélection R (axée sur la quantité) ou K (axée sur la qualité). Les humains sont naturellement plutôt K (la qualité) et ce d'autant plus qu'ils sont maîtres de leur environnement.. comme ce sera d'autant plus le cas avec la fin du vieillissement et le contrôle presque total de notre biologie que ça implique.

Cet argument tend donc à démontrer qu'il faut s'attendre à une inflection de la mortalité suite à l'absence de morts par vieillissement, mais aussi à une inflection de la natalité. En revanche il n'est pas garanti que la population soit en équilibre démographique. Il peut peut-être toujours y avoir plus de naissances que de décès.

Et effectivement ça semble bien être le cas. Par exemple pour le Japon, pays développé où le taux de natalité est extrêmement bas et le taux de mortalité lié à l'âge très haut.. si on enlève toutes les maladies et infections (en estimant que nous pourrons tout guérir bientôt et ne plus vieillir non-plus), le taux d'accroissement démographique dans ce pays passe de -1 pour mille aujourd'hui à +7 pour mille demain. Une sacré différence en effet, qui semble pointer vers une sorte de surpopulation à venir. Pour le Japon qui à peur du dépeuplement c'est presque une aubaine.. mais aussi le risque d'un accroissement exponentiel.

Et oui, tous ces enfants vont eux aussi un jour avoir des enfants, même si en moyenne très peu. Et les enfants des enfants auront eux aussi des enfants et ainsi de suite.. sans que leurs parents ne meurent régulièrement comme c'est le cas aujourd'hui. Pire encore, la baisse du taux de natalité que nous observons aujourd'hui n'est pas garantie dans un monde où les centenaires peuvent eux-aussi décider d'avoir un enfant.

L'absence de vieillissement c'est aussi potentiellement une fertilité sans date d'expiration. Le taux de fécondité d'une femme est aujourd'hui calculé en tenant compte soit de la ménopause soit au pire de la longévité moyenne. Demain, ni l'un ni l'autre ne s'appliqueront. Et donc certaines femmes pourront potentiellement avoir 30 enfants, 40, 50.. ou même plus.

En auront-elles envi ? Ça je n'en sais rien. Le cas ne s'est jamais présenté dans l'histoire de l'humanité. Cependant les animaux qui ne vieillissent pas continuent de se reproduire jusqu'à la mort. Il est probable que l'instinct maternel reste aussi présent, ou absent (suivant les femmes), alors que les flux hormonaux restent ceux d'une jeune femme. Et une fois les premiers enfants partis de la maison depuis déjà de nombreuses années il n'est pas impossible d'imaginer certaines femmes, peut-être même la majorité des femmes, avoir de nouveau l'envie de tenir un nourrisson à soi dans leurs bras. Les hommes aussi peut-être.

Et donc dans le meilleur des cas seuls les gens dans leur vingtaine auront des enfants et la population grandira de manière prévisible et linéaire. Mais dans le pire des cas, les centenaires eux aussi en voudrons parfois et la population risque de s'agrandir de manière plutôt exponentielle.

Il est aussi à noter qu'il à été suggéré que les gens auront peut-être tendance à retarder l'âge du premier enfant. Je ne suis pas convaincu par cet argument. Ceux qui veulent des enfants ne passent pas à l'acte par peur de la ménopause. Si c'était le cas nous aurions la plupart des naissances vers 35 ou 40 ans, juste avant la ménopause justement.

Hors, même si la tendance est à avoir le premier enfant plus tard que par le passé, c'est principalement par contrainte de ne pas pouvoir les avoir plus tôt. Lorsque les parents ont une situation stable ils passent à l'acte et n'attendent pas plus longtemps. C'est en général en fin de vingtaine ou début de trentaine, alors que la ménopause n'est encore qu'une lointaine menace.

Pour la majorité des gens, avoir un enfant est une décision émotionnelle qui n'est repoussée que par nécessité raisonnée. Les trentenaires de demain, sans perspective de ménopause ou de vieillesse, mais avec une situation stable, auront sûrement tout autant de raisons qu'aujourd'hui de procréer sans plus attendre.

L'idée d'une stabilisation de la population malgré l'absence de vieillissement ne me paraît donc pas très crédible. Tout tend à montrer un accroissement de la population et seule l'ampleur ou la rapidité est en doute. C'est potentiellement un problème. Mais pas nécessairement.

Il ne faut pas oublier que l'accroissement de la population dûe à une plus grande maîtrise technologique ne viendra pas seul. Cette même maîtrise garanti d'autres changements qui seront peut-être en mesure, sinon de contrecarrer les effets négatifs, du moins de les adoucir.. et peut-être bien de les annuler complètement.

Alors de quoi est-ce-que je parle. Et bien je parle de notre capacité toujours grandissante à faire plus avec moins. Et oui il ne faut pas oublier que la surpopulation ce n'est pas beaucoup de monde mais trop de monde par rapport aux ressources et à nos besoins. Et s'il est possible d'accroître les ressources ou de diminuer nos besoins alors il est possible, même à population plus importante, d'éviter la surpopulation voir d'être encore plus confortable.

Ce n'est d'ailleurs pas utopique ou sans précédent. L'humanité n'a jamais été à la fois si nombreuse et si confortable. On aime bien se concentrer sur ce qui ne va pas mais en réalité, hormis quelques coins vraiment pourris, tout va mieux. On est moins malade, on à moins faim et on est mieux logés aujourd'hui que jamais. Pays de moins en moins pauvres inclus. L'humanité n'a jamais été aussi connectée, aussi paisible, aussi respectueuse des lois ou aussi riche. C'est justement parcequ'il reste quelques points noirs qu'on les voit si noirs. Ils font tâche dans un tableau plutôt blanc dans l'ensemble.

On vit quand-même dans une époque où l'une des principales peur des pays développés (ce qui maintenant soit dit en passant représente plus d'êtres humains que jamais), est de ne plus avoir assez de boulot. Pas de ne plus avoir de quoi vivre ou même se divertir.. non non, la peur des sociétés modernes c'est de ne plus avoir besoin de travailler. Un manque d'imagination sur comment partager les ressources dans un monde d'abondance sans travail d'accord.. une surpopulation certainement pas. Non seulement on a assez pour tout le monde, on a même plus besoin de les faire tous travailler. C'est quand même pas dégueulasse question progrès.

Et ce monde étrange dans lequel on vit, inconcevable il y à de ça un ou deux siècles, est sur le point de devenir nettement meilleur et nettement plus vite. Plus de gens ? Pas de problème. Le monde de demain peut sur la même petite planète accueillir plus et mieux, tout en perturbant moins les écosystèmes. “Par quel miracle ?”

Et bien par les miracles de la biotechnologie qui justement va permettre la fin du vieillissement, mais aussi la nanotechnologie, la conquête spatiale, la réalité virtuelle etc etc. Quelques exemples peut-être?

Nous avons dans les labos des organismes, des bactéries modifiés qui peuvent transformer le dioxyde de carbone en fuel, en nourriture pour poissons et mammifères (vous et moi inclus), qui peuvent manger le plastique des océans et le recycler.

Nous pouvons recréer du muscle, de la viande de presque n'importe quel animal, en grande quantité et en utilisant seulement quelques cellules souches et une fraction de l'eau et des nutriments utilisés aujourd'hui. Et bien sûr sans les dilemmes éthiques posés par l'esclavagisme animalier industriel.

Nous pouvons imprimer nos maisons en 3D avec des matériaux super isolants, auto-nettoyants et ultra-résistants. Nous utilisons de moins en moins de ressources par personne avec les transports à la demande rendus possibles par les voitures qui s'auto conduisent, les trains hyperloop allant aussi vite que les avions, sans pollution et à une fraction du coût énergétique.

L'immersion en réalité virtuelle et réalité augmenté, qui diminuent les besoins de déplacement physique et rapprochent les humains dans un environnement social convainquant et jusque là impossible.. ou à l'inverse qui offrent un échappatoire, un havre de paix à la demande pour ceux qui en ont besoin.

Je vais arrêter là l'inventaire mais nous avons déjà ici de quoi augmenter de manière significative la capacité de notre planète à supporter l'existence humaine. Et je me suis borné à décrire quelques-unes des avancées déjà prêtes à sortir des labos. Nous avons dans les cartons nettement plus prometteur. L'intelligence artificielle qui va permettre d'augmenter enfin plus que nos simples muscles. Le recyclage au niveau moléculaire puis atomique qui va permettre à terme de transformer à peu près n'importe quoi en presque tout. Presque plus question de ressources finies.. limités uniquement par l'énergie apporté par le soleil.

Ce monde paraît fantastique, utopique, hors d'atteinte. Et pourtant il est à porté de main. Et n'oublions pas qu'ici nous parlons d'un monde sans vieillissement. Quelque chose qui j'en suis sûr paraît tout aussi utopique à ceux qui n'ont pas passé suffisamment de temps à observer la recherche scientifique en ce domaine.

Le monde de demain, le monde que nous connaîtrons normalement vous et moi, n'est pas un monde composé uniquement de nouveaux problèmes mais aussi de nouvelles solutions. Des solutions qui je pense l'avoir démontré, ont le potentiel d'être parfaitement capables de répondre aux challenges du futur.

Mais il est vrai qu'un jour l'humanité si elle continue à procréer et à ne plus vieillir, finira par atteindre un point où les resources, malgré notre technologie avancée, ne suffiront plus pour assurer à tous un confort convenable. Mais c'est un problème très lointain, qui surviendra bien après les premières thérapies anti-vieillissement. Dans un lointain avenir où, plusieurs générations d'inventeurs, d'explorateurs, et probablement d'intelligences artificielles aussi, auront depuis longtemps posés leurs yeux sur les étoiles.

Et justement, il ne faut pas oublier que rien n'oblige l'humanité à rester sur son caillou. Si il fallait un jour plus de matières premières où d'espace pour les nouveaux venus, il suffirait d'aller ailleurs. Nous ne savons pas déplacer efficacement un grand nombre de gens là-haut pour le moment mais je vous rappel que le problème ne se pose ni aujourd'hui ni demain.. mais dans plusieurs générations au plus tôt.. s'il se pose un jour. D'ici là les idées les plus farfelues pour envoyer les hommes dans l'espace seront devenues possibles avec les nouveaux matériaux et méthodes de propulsion en cours d'étude.

Et une fois au delà de la stratosphère, c'est pas ce qui manque.. l'espace. Ni même les ressources en tout genre d'ailleurs. De quoi s'assurer que l'humanité puisse être tranquille pendant une période parfaitement impossible à anticiper. La surpopulation sur terre si on y reste tous peut-être. Mais on y restera pas tous. Pas plus qu'on ne va tous emménager dans mon salon, nan j'y tiens pas.. ou qu'on trouve 4 générations dans le studio de l'arrière grand-mère. Non quand ça devient compliqué on bouge. Tout simplement. C'est pas nouveau. Ça marche très bien. On connaît.

Et ce sera d'autant plus facile que la réalité virtuelle rendra la notion d'espace d'autant plus relative. Je rentrerais dans le détail de la réalité concrète vis à vis de la réalité virtuelle, les simulations, les rêves etc. dans un futur épisode.

OK ce futur paraît trop fou, inconcevable, irréaliste peut-être même pour certains. Je ne vais pas essayer de vous en convaincre ici. Ceux d’entre vous qui le sont déjà n’en ont pas besoin et les autres le seront progressivement au fil de la couverture médiatique grandissante des nouvelles technologies que je viens de mentionner.

Mais imaginons le pire du pire. Et soyons un peu moins scientifiques et sociologues pour enfiler notre toge de philosophe. Imaginons donc que les nouvelles technologies soient du vent ou en tout cas qu'elles ne suffisent pas à contrebalancer significativement l'augmentation de la population. Imaginons aussi qu'on arrive pas à quitter notre rocher, ou qu'on soit profondément déçus d'être parti. Crédible ou pas, ça nous donne de quoi réfléchir.

N'est-ce donc pas là le désastre et la surpopulation assuré ? Bah oui et non. Il reste au moins une solution simple.. celle de ne plus ou en tout cas de moins, procréer. Et voilà. Plus de problème. On pourrait même envisager une sorte de sous-population. Bon sans aller jusque là il est évident que diminuer le nombre d'enfants à des côtés problématiques aussi. Du moins en apparence.

Par exemple il pourrait être dit que refuser de faire venir au monde les générations futures c'est un problème pour les générations en question qui n'auront pas la jouissance de la vie. Qui n'auront pas le plaisir d'être, de se cogner le pied contre le rebord du lit, enfin non pas ça, mais tout les autres trucs positifs de la vie comme ceux que je ne peux pas trop mentioner ici au cas où des enfants écoutent justement.

Et cet argument est faux ou en tout cas conduit à un dilemme moral inextricable. Soit on considère que ceux qui n'existent pas et qui ne vont pas exister ne comptent pas, ni en bien ni en mal, soit on considère non pas un ou deux des enfants qui auraient pu être, mais tous. Et donc il faut sortir les gamins à la chaîne. Ne surtout pas s'arrêter parceque selon cette logique ne pas mettre au monde alors que s'etait possible est un acte moralement répréhensible.

Cette position n'est évidemment pas tenable et on voit assez vite qu'elle n'a pas de sens. A FILIAPOLIS nous faisons de la philosophie pratique et là c'est tout sauf pratique. Logiquement il ne peut y avoir de responsabilité sans cause. Nous ne pouvons avoir envers ce qui n'existe pas aucun devoir puisque nous ne sommes justement la cause de rien les concernant. Ils ne peuvent d'ailleurs être concernés par rien avant que cette cause soit établie et résulte en leur existence. A ce titre nous sommes en effet responsable envers ceux à qui nous donnons la vie, mais l'inverse ne peut être vrai.

En d'autres termes ne pas créer de génération suivante n'a aucune conséquences morales ni en bien ni en mal. C'est un non argument. Inutile de le considerer plus avant.

Un argument plus intéressant est celui de la stagnation dû au manque de sang nouveau. Les vieux sont supposés êtres bornés sans raison et les jeunes sont le moteur des avancées en tous genres. Et donc avec que des vieux, sinon biologiquement, du moins chronologiquement, la société, l'humanité, stagnerait.

C'est le sujet d'un futur épisode de la série et je ne vais pas le développer ici. Il est important et je ne cherche pas à l'éviter, mais nous verrons qu'au final c'est la même conclusion. Le problème est probablement faux, en tout cas très exagéré comme nous le verrons, et de toute façon hors sujet.

Ceux qui ne sont pas là n'ont pas besoin d'une société meilleure, et ceux qui sont là n'ont pas d'intérêt à mourir pour créer une société meilleure. Et donc la nouvelle génération qui n'existe pas n'a pas besoin des progrès qu'elle est supposée apporter, alors que la génération actuelle qui ne vieillit pas devrait mourir pour être remplacée et finalement ne pas voir ces progrès de toute façon.

Si on accepte l'idée d'un clivage jeune/vieux alors on doit conclure qu'il n'y à pas de solution gagnante. Le prix du progrès est de tuer ceux qui veulent vivre pour que ceux qui ne le souhaitent pas puissent en bénéficier. Absurde. Pas de progrès donc dans ce scénario mais au moins on n'assassine personne. Nous verrons que c'est un fausse dichotomie de toute façon.. et pour plein de raisons.

Le troisième axe est peut-être le plus évident. Si on empêche les gens d'avoir des enfants, ou s'ils sont complètement à leur charge, ce qui revient au même à terme hein une fois le coût devenu prohibitif, on crée tout un tas de pas parents mécontents. Tristes voir en détresse. Ne pas pouvoir procréer est une véritable souffrance pour beaucoup.

Rares sont les femmes, un peu moins les hommes, qui s'accomodent bien de leur infertilité. Et je suspecte que la réaction fasse à l'interdit, social, administratif ou financier, soit grosso modo la même. Pas d'enfant égal grosses larmes pour beaucoup. C'est un problème. Un vrai problème dans un monde où il faudrait hypothétiquement restreindre les instincts parentaux.

Mais bon restons honnêtes. C'est un problème bien palot en comparaison de celui bien noir de la mort qui pénètre nos sociétés. Le deuil en masse de millions d'êtres humains qui ont perdu des proches ou les voient mourir à petit feu. La souffrance omniprésente qui frappe, parfois en prévenant bien trop à l'avance et parfois sans prévenir du tout, avec des conséquences toutes aussi dramatiques. Cette horreur que nous connaissons tous ou que nous allons connaître avec certitude. Celle-là même qui nous pousse à rationaliser l'inacceptable par peur d'être incapable de vaincre le fléau du vieillissement.

Nan, la souffrance d'être non parent ne peut être empêchée à ce prix. On ne peut condamner à mort toute l'humanité, à se savoir mortels à se voir soi et les autres dépérir.. pour permettre à ceux qui veulent à nouveau se sentir heureux propriétaires d'un bébé de réaliser leur envie. Ne pas être parent, ou ne pas être à nouveau parents, c'est une envie frustrée pour une partie de la population. Se réveiller demain c'est la somme de toutes les envies pour presque toute la population. S'il faut sacrifier quelque chose ici, ce que je ne penses pas mais nous parlons du scénario catastrophe, c'est bien la procréation et non la fin du pourrissement qu'on appel le vieillissement.

Un épisode un peu triste aujourd'hui. Vous et moi allons sûrement voir nos parents dépérir et nous devrons finalement leur faire nos adieux. Nos amis aussi. Tout ceux à qui nous tenons en fait. Vous avez le droit d'être en colère. De vous rebeller contre un état de fait que vous n'avez pas choisi. Ce n'est ni puéril ni idiot. Dans cette série nous faisons tomber les mythes qui entretiennent cette culpabilité que nous ressentons tous à vouloir plus de vie pour nous et nos proches. Cette culpabilité est telle que la société refuse ce debat et beaucoup d'entre nous, peut-être même parmis ceux qui m'écoutent, s'interdisent de vouloir vivre sans date de péremption. S'auto-censurent, s’accrochent à ces mythes pour ne pas avoir à bouleverser cette vision du monde pensée pour eux.

Mais aujourd'hui c'est une pièce maîtresse qui tombe. Le vieillissement n'est pas obligatoire pour sauver l'humanité de la surpopulation. Mathématiquement c'est inévitable, si l'humanité continue à procréer même peu, elle n'ira que grossissante. Mais ce processus est lent et ne représentera pas un problème pour une espèce qui, après avoir vaincu le vieillissement biologique, sera techniquement plus proche des dieux que des singes. Sur terre puis dans les étoiles, l'avenir de l'homme est un avenir de confort dans la multitude. Et quand bien même, nous serions peu avisés de sacrifier les vivants pour ceux qui ne souhaitent pas l'être.. ou le cas échéant d'échanger la peine de ne pas être parent contre la souffrance de masse de toute une espèce. Nous avons suffisamment souffert.

Merci d'avoir écouté cet épisode. Vous avez le droit de continuer à vivre si vous le souhaitez.. de partager le podcast aussi.. ne laissez personne vous dire le contraire, nous avons vu que jusqu’à présent leurs arguments ne tiennent pas la route. D'ailleurs nous avons encore un nombre de mythes à faire tomber mais d'ici là.. moi, je vous dis à bientôt.

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