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Le terrorisme c'est comme les requins, mais en pire

Alors pourquoi comparer les terroristes aux requins ? Au delà de certaines différences très importantes, il y a des similitudes elles aussi importantes et qui nous permettent de comprendre, sinon les terroristes eux-même, du moins leurs victimes potentielles.

Salut à tous, ici Nicolas. Normalement je serais heureux de vous retrouver pour un nouvel épisode mais là vu le sujet, je suis pas sûr que ce soit le mot. Et oui car aujourd'hui on parle de terrorisme. De requins aussi, mais justement on va voir que eux, bah c'est moins grave.

Alors pourquoi comparer les terroristes aux requins ? Est-ce bien valide ? A première vu pas trop. Pas le même environnement, pas la même espèce, pas les mêmes capacités et pas les mêmes motivations. Et il n’y en a qu'un qui peu manier la calache.

Mais au delà de ces différences très importantes il y a des similitudes elles aussi importantes et qui nous permettent de comprendre, sinon les terroristes eux-mêmes, du moins leurs victimes potentielles. Et oui l'objet de cet épisode c'est pas les requins, c'est même pas les terroristes.. c'est vous ! C'est moi.. c'est nous quoi. Tous ceux qui n'ayant ni nageoires ni calache sont prit bien malgré eux dans l'engrenage de la peur.

Car c'est surtout de peur dont nous allons parler. Les requins n'ont probablement pas peur avant de mordre, les terroristes sont sûrement plus excités qu’apeurés avant de se suicider et les victimes elles n'ont pas peur très longtemps malheureusement. Non les vrais séquelles d'une attaque fatale de requin ou d'une attaque terroriste sont principalement avec nous, les témoins direct et indirect.

C'est nous qui passons des heures devant la télé, sur YouTube, sur nos stream Facebook etc. Et pourquoi ? Par voyeurisme ? Oui un peu c'est sûr. Mais aussi parce qu'on veut plus d'infos. Et on veut plus d'infos pour comprendre. Comprendre les motivations, les modes opératoires, bref pour analyser le danger à venir.

Le passé est passé. Si l'avenir était immuable, si nous ne pouvions rien changer à rien, il est évident que nous passerions moins de temps à analyser les évènements. Il y aurait toujours ce petit côté voyeuriste ou se plaisir d'apprendre, mais nous n'arrêterions pas tout pour rester scotchés en masse à la télé.

Mais puisqu'il est possible et important d'influer sur l'avenir, il nous faut étudier le passé. Et dans les cas de vie ou de mort, il est urgent d'étudier le passé assidûment. Il nous faut savoir quelles plages où quelles villes et lieux publics éviter. Quelle heure de la journée, quel genre de personnes ou quels comportements repérer. Quelles erreurs à ne pas ou à ne plus commettre.

Je suis sûr que les similitudes entre requins et terroristes commencent à vous sembler déjà un peu plus apparentes. Alors oui les requins, comme les terroristes, tuent ou blessent. Mais surtout, ils le font de manière répétitive, volontaire, et dans une certaine mesure prévisible.

On entend souvent que les requins mordent les humains, parfois fatalement, par erreur. C'est leur manière de voir ce qui est là dans l'eau et qu'ils ne connaissent pas. Pourquoi pas mais peu importe, c'est un acte volontaire. Le requin pourrait choisir de rester sur ce qu'il connaît. Mais non, les requins choisissent régulièrement de goûter à l'homme. Tout comme les terroristes décident de faire exploser leur ceinture de C4, ou d'appuyer sur la gâchette de leur calache.

Nous pourrions poser ici la question du libre arbitre. A quel point le requin est-il vraiment libre de choisir de mordre ou non ? Instinct ou choix mûrement réfléchis ? Peu importe, ici c'est une question de dégrée. L'homme est surement plus libre de ses choix que le requin mais il ne l'est pas totalement nonplus. C'est un autre débat, nettement plus compliqué et qui méritera son propre épisode.

Ici ce qui importe c'est le fait que, contrairement à un caillou qui ne peut choisir de tomber ou non, le requin lui parfois mord et parfois ne mord pas. Sans qu'il soit possible à un observateur d'en être certain à l'avance. Et le terroriste aussi. Réellement volontaire ou pas, l'action en a pour nous, les victimes potentielles, l'apparence et l'imprévisibilité.

Et c'est là le point essentiel. Dangereux et assez imprévisibles, les requins comme les terroristes, font peur. Très peur. Trop peur, d'ailleurs. Parceque les squales et les fanatiques on une autre chose en commun. Leurs attaques sont rares et on en parle beaucoup. Ça fait deux points communs.

Et c'est bien paradoxale puisqu’en en parlant tant on a l'impression que le danger est plus fréquent, plus grand, qu'il ne l'est réellement. Ce qui est d'autant plus le cas que le danger est en réalité rare et statistiquement inconséquent. Les attaques de requin dans le monde c'est une soixantaine de personnes par an et moins d'une dizaine de morts. Les attentats c'est plus variable. On peut compter en moyenne moins d'une vingtaine de morts français à travers le monde, par an.. soit à peine plus que la foudre qui en tue un peu plus d'une dizaine, et nettement en deçà des 500 piétons qui restent sur le bitume dans le même temps.

Ouais, autant on peut éviter d'aller dehors par temps orageux, dans une certaine mesure, mais on peut difficilement éviter de traverser la rue le reste du temps.. ce qui représente pourtant par rapport au terrorisme un risque de mortalité brusque assez élevé.. environ 25 fois plus élevé.

Là où la comparaison avec les requins s'arrête c'est au niveau des intentions. Que le requin soit curieux ou qu'il ait faim, il n'a pas envie de vous trucider pour le plaisir. Enfin à priori non. Le terroriste lui rien n'est moins sûr. Son but est explicitement de nuire à ses victimes et aux survivants. En bon terroriste, il cherche à faire mal pour terroriser.

Et ça fait d'autant plus peur, et à juste titre cette fois-ci, qu'il y à un ennemi intelligent et déterminé derrière. Le requin on peut l'éviter il ne cherchera pas d'alternative pour nous atteindre. Nous ne sommes pour lui qu'une curiosité temporaire parmis d'autres. On peut mieux se préparer aux ouragans et on peut concevoir nos villes et nos règles routières pour diminuer les accidents. Les automobilistes coopéreront en grande partie.

Malheureusement le terroriste lui aussi est ingénieux, et la bataille est constante. Donc incertaine, inquiétante.. puisque loin d'être sûr que l'avenir sera meilleurs, il est facile de l'imaginer pareil ou pire. Le terroriste est focalisé sur sa mission de nous faire du mal. Et le seul moyen de rester en place sur le tapis roulant du terrorisme c'est d'avancer. Sinon si on se relâche on se casse la gueule. Avec les accidents de la route, les catastrophes naturelles etc., le tapis ne roule pas et plus on marche plus on avance dans l'amélioration face aux risques.

Les différences ne ś'arrêtent pas là d'ailleurs. A ignorer les attaques de requin on finit par toujours fréquenter les mêmes plages aux mêmes heures et à ne jamais installer de filets pour créer toujours autant d’unijambiste. A ignorer le terrorisme on court un risque différent. Celui de créer beaucoup plus d'unijambistes.

Ou peut-être pas. Peut-être qu'ignorer complètement le terrorisme conduit en fait à son extinction. Un peu comme si les enlèvements disparaissaient si personne ne payait jamais les rançons. C'est un gros risque. D'ailleurs plus qu'un gros risque c'est même une grosse connerie. Et oui les terroristes ont deux buts en réalité. Terroriser les vivants c'est le but principal.. mais faire des morts c'est bien aussi. Et si personne ne les arrête et si plus personne n'est terrorisé, alors faire des morts deviendra l'objectif principal.

On ne peut donc pas ignorer le terrorisme pour le faire disparaître. Pas le choix, il faut le combattre. Mais attention, à FILIAPOLIS on fait de la philosophie pratique. On s'interroge notamment sur les objectifs et comment les atteindre. Ici l'objectif est de vivre, mais pas seulement. Vivre c'est bien, vivre sans avoir la peur au ventre c'est mieux.

Et comme nous l'avons vu le terrorisme reste insignifiant en terme de dangers de la vie quotidienne. C'est aussi et surtout ça qu'il faut garder à l'esprit. S'il faut éviter d'aller à un concert ou au restaurant, alors il faut doublement éviter de traverser la route.. ou même d'ailleurs de rester à la maison. Et oui même ça c'est dans les pays développés au moins beaucoup plus dangereux que le terrorisme.

Il faut donc combattre le terrorisme pour éviter qu'il grossisse, mais pas s'en inquiéter plus que ça. D'ailleurs en n'y prettant que peu d'attention, mais en le combattant fermement quand même, nous en arrivons au pire cas de figure possible pour les fous furieux : des gens difficiles à tuer et qui en plus s'en foutent pas mal quand par miracle ça réussit. Oui je suis conscient que le mot miracle ici fait un peu tâche. D'ailleurs les fanatiques ne sont pas tous religieux. Alors finalement oui, le terrorisme c'est pas mal comme les requins, mais en pas mal pire quand même.

Bon, merci à toutes celles et ceux qui m'ont prêté leurs oreilles aujourd'hui, n'hésitez pas à vous abonner au podcast et à la chaine YouTube. A bientôt et restez prudent (mais pas trop quand même).

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